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Abidjan, 6 mars 2026 (AIP) – La chargée du genre et de l’autonomisation de la femme et de la fille au Réseau ivoirien pour la défense des droits des femmes (RIDDEF),  Kolco Christiane épouse By, a appelé, vendredi 6 mars 2026 à Abidjan, à une large vulgarisation de l’ordonnance de protection prévue par la loi ivoirienne afin de mieux sécuriser les victimes de violences domestiques et sexuelles.

Mme Kolco a expliqué que cette ordonnance est une mesure judiciaire prévue par la loi n°2021-894 du 21 décembre 2021 relative aux mesures de protection des victimes de violences domestiques, de viol et d’autres violences. Elle permet à un juge de prendre rapidement des mesures pour protéger une personne victime de violences, lorsqu’il existe une situation d’urgence ou de danger.

Intervenant lors des « Causeries de l’AIP », dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (JIF 2026), autour du thème : « L’ordonnance de protection des victimes de violences domestiques et sexuelles en Côte d’Ivoire : entre avancées législatives et obstacles pratiques ».

Mme By a indiqué que cette décision est rendue par le juge sans attendre une procédure judiciaire complète. Elle peut donc intervenir rapidement afin de mettre la victime à l’abri. « L’ordonnance de protection est un document délivré par le juge pour sécuriser une personne victime de violences, qu’il s’agisse d’une femme, d’un homme ou d’un enfant », a-t-elle précisé.

Elle a indiqué que cette mesure peut être sollicitée dans plusieurs situations, notamment en cas de violences physiques, psychologiques, verbales ou sexuelles au sein du foyer, entre conjoints, ex-conjoints ou personnes vivant ensemble. Elle peut également être demandée en cas de menace de mariage forcé ou lorsqu’un mineur est exposé à des violences dans le cadre familial.

Mme By a souligné que la procédure se distingue par sa simplicité et son accessibilité. La victime peut saisir directement le tribunal compétent, sans être obligée de porter plainte au préalable auprès de la police ou de la gendarmerie. La demande peut être faite par la victime elle-même, par le procureur de la République ou encore par toute personne ayant un intérêt à agir, comme un parent, un proche ou un ami de la victime.

Une fois l’ordonnance accordée, le juge peut prendre plusieurs mesures de protection pour éviter que les violences ne se reproduisent. Il peut notamment interdire à l’auteur des violences de s’approcher de la victime, de la contacter ou de se rendre dans certains lieux.

Le juge peut également décider de séparer les deux parties, attribuer la jouissance du logement familial à la victime ou imposer certaines restrictions à l’auteur des violences afin de garantir la sécurité de la victime.

Pour l’experte, la vulgarisation de cette loi constitue donc un enjeu majeur. « Une bonne loi ne suffit pas. Il faut que les populations connaissent les mécanismes de protection mis à leur disposition pour pouvoir les utiliser », a-t-elle insisté.

Mme By a ainsi appelé les médias, les organisations de la société civile et les institutions publiques à intensifier les actions de sensibilisation afin d’encourager les victimes et les témoins à dénoncer les violences et à utiliser les dispositifs juridiques existants.

Elle a enfin souligné que l’appropriation de ces outils juridiques par la population contribuera à réduire les violences au sein des familles et à renforcer la protection des femmes, des enfants et de toute personne victime de violences.

(AIP)

sbi/zaar

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