Bondoukou, 1er mai 2026 (AIP) – L’université de Bondoukou a organisé, mercredi 29 avril 2026, une journée de sensibilisation sur les troubles du langage et de la communication, en lien avec l’autisme, en présence de spécialistes, d’étudiants et de parents.
À l’initiative de cette activité, la directrice de l’Unité de formation et de recherche (UFR) Sciences du langage, Lettres et Langues étrangères (S3LE), Houméga Alida épouse Goze, a expliqué les motivations de cette rencontre, centrée sur la vulgarisation des troubles du langage encore insuffisamment connus des populations.
Selon elle, cette journée vise avant tout à créer un cadre d’échanges direct avec les communautés. « Cette journée nous permet d’être au contact des populations pour mieux faire connaître les troubles du langage et de la communication », a-t-elle déclaré, soulignant que l’accès à l’information constitue une étape essentielle dans l’amélioration de la prise en charge.
Elle a particulièrement insisté sur le rôle central des parents, qu’elle considère comme des acteurs incontournables. « La vision particulière de cette initiative, c’est la place des parents, qui sont des piliers de l’équilibre social, familial et même professionnel », a-t-elle affirmé, relevant que l’implication familiale est déterminante dans l’évolution des enfants.
Dans son intervention, elle a déploré le manque de connaissance autour de ces troubles, qui entraîne souvent des incompréhensions ou des retards dans la prise en charge. Elle a ainsi appelé à une meilleure sensibilisation afin de permettre aux parents d’identifier plus tôt les signes et d’agir rapidement.
La responsable universitaire a également mis en avant la nécessité pour les familles de s’approprier les outils d’accompagnement. Selon elle, l’accompagnement ne doit pas reposer uniquement sur les spécialistes. « Le parent doit comprendre la difficulté de son enfant et s’impliquer activement en utilisant des méthodes simples au quotidien pour stimuler le langage », a-t-elle expliqué.

Elle a, en outre, souligné l’impact des troubles du langage sur plusieurs dimensions de la vie. « Les troubles de la communication ne concernent pas seulement la parole. Ils influencent l’équilibre social, la vie familiale et même le parcours scolaire et professionnel de l’enfant », a-t-elle précisé.
Dans cette dynamique, elle a salué la mise en place du centre d’incubation au sein de l’université, qui constitue selon elle une réponse concrète aux besoins des populations. Elle a indiqué que cette structure permettra à la fois de former des étudiants en orthophonie et de proposer des services adaptés aux familles confrontées à ces difficultés.
Présent à cette rencontre, le vice-président chargé de la pédagogie et de la vie universitaire, Pr Sié Justin, a souligné l’importance stratégique du Centre d’incubation et d’application en orthophonie (CIAOUB) face au déficit de spécialistes en Côte d’Ivoire.
« Ce centre permettra de former des orthophonistes hautement qualifiés en les confrontant aux réalités du terrain. L’objectif est d’apporter des solutions concrètes aux familles de la région et de tout le pays », a-t-il affirmé.
Les échanges ont également été enrichis par les interventions de spécialistes, dont la pédopsychiatre Bissouma Anna Corinne, qui a insisté sur l’importance d’un dépistage précoce et d’un accompagnement structuré, ainsi que par le témoignage de Mme Kassi Diane épouse Yao, venue partager son expérience.
(AIP)
nmfa/haa

