Odienné, 1er mai 2026 (AIP) –L’activité agricole demeure particulièrement soutenue dans la région du Kabadougou, en ce jour de célébration de la fête du Travail, ce 1er mai 2026.
À Odienné et dans ses localités environnantes, l’agriculture ne se conforme ni aux horaires de bureau ni aux contraintes administratives : elle obéit plutôt au rythme des saisons et à l’endurance des producteurs. Ici, la terre, à la fois généreuse et exigeante, constitue une véritable source de richesse pour ceux qui savent l’exploiter avec rigueur, méthode et persévérance.
Dans le village de Bassekodougou, Siaka Coulibaly, président des jeunes, incarne cette dynamique agricole en pleine évolution. À la quarantaine, il a fait de l’agriculture bien plus qu’une activité de subsistance. Pour lui, le travail de la terre est une discipline et une responsabilité sociale.
« Le travail d’abord. Quand on a des charges familiales, il faut s’investir pleinement. Ensuite viennent les récoltes, et ce sont elles qui permettent de subvenir aux besoins du foyer. Ma plus grande satisfaction, c’est lorsque la production est bonne : on observe concrètement les changements à la maison, jusque dans l’amélioration du quotidien », confie-t-il avec fierté.
À quelques kilomètres de là, à Ziévasso, Lacina Diarrassouba, secrétaire des jeunes, partage une trajectoire similaire. Il représente cette jeunesse rurale qui choisit de croire en la terre comme levier d’autonomie et de dignité. Pour lui, l’agriculture est une promesse tenue à condition d’y mettre engagement et savoir-faire.
« La terre ne trompe pas. Elle récompense toujours l’effort consenti. Selon ton engagement et ta méthode de travail, tu peux réussir. Ma fierté, c’est mon autonomie. L’an dernier, j’ai récolté près de cent sacs de riz. Grâce à mes économies, j’ai pu entamer la construction de ma maison cette année », explique-t-il avec satisfaction.
Ces parcours illustrent l’émergence d’une nouvelle génération d’agriculteurs organisés, ambitieux et résolument tournés vers l’autonomie économique. Leur engagement contribue non seulement à leur propre stabilité, mais aussi à l’approvisionnement des marchés locaux et au dynamisme économique de la région.
Cependant, cette réalité porte également son lot de difficultés. À quelques champs de distance, Karidia Koné, veuve d’une cinquantaine d’années, vit une expérience bien différente. Confrontée seule aux exigences du travail agricole, elle fait face à la pénibilité des tâches et à des rendements souvent incertains.
« Il m’arrive de regretter, surtout lorsque j’investis beaucoup sans obtenir les résultats escomptés. Cela devient très difficile. Mais je ne peux pas abandonner : c’est la seule activité que j’exerce », confie-t-elle, entre résignation et détermination.
À travers les trajectoires contrastées de Siaka Coulibaly, Lacina Diarrassouba et Karidia Koné, se dessine le visage pluriel du monde rural dans le Kabadougou. Entre réussite portée par l’organisation et l’esprit d’initiative des jeunes, et difficultés accentuées par la solitude et le manque de moyens, la réalité agricole demeure profondément inégale.
Ces parcours rappellent avec force qu’au-delà des récoltes se cachent des vies façonnées par l’effort quotidien, l’espoir tenace et un courage souvent silencieux mais essentiel au développement local.
(AIP)
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