Abidjan, 6 mars 2026 (AIP) – Le Réseau ivoirien pour la défense des droits de l’enfant et de la femme (RIDDEF) craint que le nombre de cas de violences domestiques en Côte d’Ivoire dépasse les 10 000 d’ici 2029, a indiqué vendredi 6 mars 2026 la chargée du genre et de l’autonomisation de la femme et de la fille de l’organisation, Kolco Christiane, épouse By.
Elle s’exprimait lors des causeries de l’AIP organisée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF 2026), autour du thème : « L’ordonnance de protection des victimes de violences domestiques et sexuelles en Côte d’Ivoire : entre avancées législatives et obstacles pratiques ».
Selon Mme By, l’ampleur du phénomène demeure préoccupante. « En 2020, environ 5 000 cas de violences domestiques ont été recensés et plus de 1 000 nouvelles victimes sont enregistrées chaque année », a-t-elle indiqué, estimant que cette tendance pourrait porter le nombre de cas au-delà de 10 000 à l’horizon 2029 si des mesures plus efficaces ne sont pas mises en œuvre.
Pour faire face à cette situation, plusieurs organisations de la société civile, dont le RIDDEF, Women in Law and Development in Africa (WIDAF) et l’Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire (OFACI), mènent des actions de plaidoyer, de sensibilisation et d’accompagnement juridique et psychologique des victimes.
Mme By a souligné que l’ordonnance de protection constitue aujourd’hui un outil juridique majeur dans la lutte contre les violences domestiques et sexuelles. Délivrée par le président du tribunal, elle permet notamment d’interdire à l’agresseur tout contact avec la victime, de lui interdire l’accès à certains lieux et d’assurer la sécurité de la victime ainsi que celle de ses enfants.
Elle a également précisé que la procédure peut être engagée directement par la victime, sans dépôt préalable de plainte.
Cependant, l’application de ce dispositif rencontre encore plusieurs difficultés, notamment l’appréciation du niveau de danger par le juge, les coûts liés à la notification de l’ordonnance et le non-respect du délai légal de 24 heures prévu pour sa délivrance.
Les « Causeries de l’AIP » s’inscrivent dans une série d’activités visant à sensibiliser le public sur les droits des femmes à l’approche de la Journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars.
(AIP)
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