Bondoukou, 14 mars 2026 (AIP) – Le préfet du département de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André, a déploré le manque d’engagement des crédits par certaines administrations, lors de la rentrée budgétaire au titre de l’année 2026 organisée vendredi 13 mars 2026 à la préfecture.
Présidant cette rencontre qui a réuni les directeurs et chefs de services administratifs du département, le préfet a rappelé aux gestionnaires de crédits leur responsabilité dans l’exécution efficace du budget de l’État.
« Les gestionnaires de crédits doivent faire preuve de responsabilité budgétaire. Lorsqu’un dossier est engagé, il ne suffit pas de le déposer. Il faut suivre son évolution jusqu’à son aboutissement, notamment auprès du comptable assignataire », a insisté Kouadio Gbongbo André.
Il a également recommandé que toutes les activités à incidence budgétaire soient portées à la connaissance du contrôleur financier avant leur réalisation. « Pour toute activité, réunion ou manifestation ayant une incidence budgétaire, il est recommandé aux chefs de services gestionnaires de saisir par écrit et à l’avance le contrôleur financier et de déposer un dossier complet dans son service », a-t-il indiqué.
Le préfet a exhorté les responsables administratifs à renforcer la rigueur dans la gestion des ressources publiques afin d’éviter les retards dans les engagements et la perte de crédits alloués par l’État.
Au cours de la rencontre, le trésorier général de Bondoukou, Gawa Djétou Jean, a présenté le bilan de l’exécution du budget de l’État à travers les crédits délégués au titre de l’année 2025. Selon lui, 152 services administratifs ont bénéficié de notifications de crédits pour un montant global de plus d’un milliard de francs CFA.
« Au total, 2 391 mandats ont été réceptionnés pour un montant de 1,079 milliard de francs CFA. Sur ce volume, 1 820 mandats ont été effectivement payés pour un montant de 887,5 millions de francs CFA », a-t-il précisé.
Il a toutefois relevé que 561 mandats, représentant environ 186 millions de francs CFA, n’avaient pas pu être payés au 30 décembre 2025, avant d’être entièrement apurés au 15 janvier 2026. Le trésorier général a également salué les performances de certains gestionnaires de crédits.
« Nous félicitons les 80 gestionnaires de crédits qui ont engagé la totalité des ressources mises à leur disposition. C’est un signe de bonne gouvernance », a-t-il affirmé, indiquant que 72 services administratifs n’avaient pas totalement utilisé leurs crédits.
Par ailleurs, il a évoqué plusieurs difficultés dans l’exécution budgétaire, notamment l’arrivée tardive de certaines notifications, l’absence de pièces justificatives sur certains mandats ou encore des incohérences dans les informations bancaires.
« Le trésor public est le gardien des deniers publics. Nous devons donc être particulièrement vigilants dans les contrôles afin d’assurer la transparence et la bonne gestion des ressources de l’État », a-t-il souligné.

Intervenant également lors de cette rencontre, le directeur régional du Budget et des Finances du Gontougo, Bah Jules, a invité les gestionnaires et ordonnateurs de crédits à respecter les mesures d’encadrement budgétaire. « Il faut éviter les retards dans les engagements et respecter les taux de régulation afin d’éviter l’encombrement des dossiers en fin d’année », a-t-il recommandé.
Le directeur régional des marchés publics du Gontougo et du Bounkani, Koua Béa Pierre, a pour sa part insisté sur la nécessité pour les gestionnaires de crédits d’anticiper les procédures liées aux marchés publics. « Les gestionnaires de crédits doivent élaborer à temps leur plan de passation des marchés publics afin d’éviter la perte de crédits et les retards dans l’exécution budgétaire », a-t-il conseillé.
De son côté, le contrôleur financier du Gontougo, Angoh Diago Olivier, a annoncé le lancement officiel de la gestion budgétaire 2026. Il a invité les responsables administratifs à procéder rapidement à l’engagement des crédits afin d’éviter l’engorgement des dossiers en fin d’exercice.
« Les crédits sont autorisés pour permettre aux services de fonctionner. Il faut donc s’y prendre tôt, suivre les dossiers et éviter d’attendre la fin de l’année pour engager les dépenses », a-t-il conseillé. La rentrée budgétaire vise à sensibiliser les gestionnaires de crédits sur les règles de gestion des finances publiques et à améliorer l’efficacité de l’exécution du budget de l’État dans le département de Bondoukou.
(AIP)
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