Vavoua, 8 avr 2026 (AIP) – La mission évangélique Silué, située à Akponzon dans la sous-préfecture de Vavoua, attire des malades venus de plusieurs régions de Côte d’Ivoire qui espèrent y recouvrer la santé mentale par la prière et le jeûne, selon les responsables du camp visités dimanche 5 avril 2026 par l’Agence ivoirienne de presse (AIP) à l’occasion de la fête de Pâques.
Akponzon, localité située à huit kilomètres de Vavoua, est majoritairement peuplée de Baoulé originaires de Béoumi, installés dans la zone vers 1956 pour la culture du café. Les habitants se consacrent aujourd’hui principalement aux cultures vivrières, notamment l’igname, le riz, l’arachide, le haricot et le manioc, ainsi qu’à la production d’anacarde.
Au cœur du village se trouve la mission évangélique Silué, fondée en 2002 par le prophète Loukou Magloire. Le camp de prière accueille des malades venus notamment de San Pedro, Soubré, Taï, Grand-Béréby et Danané.
Interrogé sur l’utilisation de médicaments dans la prise en charge des malades atteints de troubles mentaux, l’apôtre prédicateur Yoboué Konan Pascal a indiqué que la guérison repose uniquement sur la pratique spirituelle. « Ce n’est que par la prière et le jeûne que le serviteur de Dieu soigne ces malades », a-t-il affirmé.
Selon lui, la durée de guérison varie selon les cas. « C’est selon le temps de Dieu et la volonté de Dieu », a-t-il ajouté, précisant que certains malades recouvrent la santé en quelques jours tandis que d’autres restent plus longtemps dans le camp.
Dans cette mission, un groupe de fidèles assure en permanence des séances de prière pour les malades. Les responsables expliquent que l’évolution de l’état de santé des pensionnaires est suivie à travers des échanges avec eux afin d’apprécier la cohérence de leurs réponses.
Certains malades déclarés guéris choisissent de rester au sein de la mission où ils participent aux activités religieuses et communautaires, tandis que d’autres deviennent des serviteurs engagés dans l’œuvre évangélique.
Les familles qui accompagnent les malades s’installent généralement dans le camp, soit dans des habitations de fortune, soit dans des logements laissés vacants par d’anciens pensionnaires. Elles assurent elles-mêmes leur alimentation.
La mission organise chaque année deux grandes croisades de prière et de guérison, en août et en décembre, qui rassemblent des fidèles venus de différentes localités. À l’issue de ces rencontres, plusieurs participants témoignent de guérisons qu’ils attribuent aux séances de prière.
Au fil des années, la mission Silué s’est également développée autour d’activités agricoles et d’élevage. Selon ses responsables, la population du camp dépasse aujourd’hui 500 habitants.
Les fidèles cultivent diverses spéculations et pratiquent l’élevage de volailles, de moutons et de bœufs. La production avicole est notamment écoulée à Vavoua et dans d’autres localités pendant les fêtes de fin d’année.
La croissance de cette communauté entraîne toutefois des difficultés d’approvisionnement en eau potable dans la localité. Les deux pompes à motricité solaire installées dans le camp et celle du village ne suffisent plus à couvrir les besoins, surtout en saison sèche.
Le chef Kouassi Kan a indiqué que les installations existantes connaissent régulièrement des périodes de tarissement. Il a lancé un appel au gouvernement pour renforcer l’accès à l’eau potable et accélérer l’électrification de la localité, estimant que ces infrastructures contribueraient à améliorer les conditions de vie des populations et à soutenir les activités agricoles et d’élevage.
(AIP)
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