Bouaflé, 08 avr 2026 (AIP)-La présidente de l’Association nationale des agents de santé communautaire (ASC), Yamoa Attian Roseline, a plaidé mardi 7 avril 2026 à Bouaflé, pour une professionnalisation accrue des agents de ce corps de métier, lors d’une conférence de presse organisée dans le cadre de la Journée mondiale de la santé.
S’exprimant au district sanitaire de Bouaflé, Mme Yamoa a mis en lumière le rôle déterminant des ASC dans le système de santé ivoirien, illustrant son propos par des témoignages concrets issus du terrain. Elle a notamment évoqué le cas d’un enfant atteint de paludisme dans un village éloigné, sauvé grâce à l’intervention rapide d’un agent communautaire, ainsi que celui d’une patiente vivant avec le VIH, réintégrée dans le circuit de soins grâce à la médiation d’un ASC.
« Ces histoires ne sont pas exceptionnelles. C’est le quotidien des ASC en Côte d’Ivoire », a-t-elle souligné, insistant sur l’engagement de ces acteurs de proximité qui interviennent dans des conditions souvent difficiles pour sauver des vies, sensibiliser les populations et accompagner les malades.
Selon elle, la Côte d’Ivoire compte actuellement entre 14 000 et 15 000 agents de santé communautaire déployés à travers le pays, couvrant des milliers de villages et quartiers. Leur champ d’action englobe notamment la lutte contre le paludisme, la santé maternelle et infantile, le VIH, la tuberculose ainsi que les activités de prévention et de sensibilisation.
A l’échelle mondiale, a-t-elle rappelé, les ASC peuvent contribuer à couvrir jusqu’à 80 % des besoins essentiels en soins de santé primaires. Malgré cette contribution majeure, nombre d’entre eux exercent encore en tant que bénévoles, sans rémunération, parcourant de longues distances à pied et travaillant sans équipements adéquats.
« Ils portent le système de santé sans que le système ne les porte toujours en retour », a déploré la présidente de l’association.
Tout en saluant les efforts du gouvernement ivoirien, notamment à travers l’adoption d’une politique nationale de santé communautaire et la mise en œuvre du plan stratégique 2022-2025, Yamoa Attian a estimé que des avancées supplémentaires sont nécessaires.
Elle a ainsi posé le débat sur la nature du statut des ASC, appelant à un changement de paradigme. « La question n’est plus de savoir s’il faut des ASC, mais quel type d’ASC nous voulons : des bénévoles précaires ou des professionnels formés, équipés et rémunérés », a-t-elle affirmé.
Pour la conférencière, la professionnalisation des ASC constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience du système de santé. Elle a plaidé pour des agents mieux formés, encadrés, dotés d’équipements adéquats et bénéficiant d’une rémunération régulière.
« Investir dans les ASC, ce n’est pas une dépense, mais un investissement à fort rendement », a-t-elle soutenu, évoquant notamment la réduction des décès évitables et l’amélioration de l’accès aux soins.
En conclusion, la présidente de l’association a lancé un appel à une mobilisation collective en faveur d’un soutien durable et coordonné aux agents de santé communautaire.
« Les ASC ne demandent pas la reconnaissance pour eux-mêmes, mais pour mieux servir leurs communautés. La santé pour tous commence dans la communauté, et la communauté commence avec les ASC », a-t-elle déclaré, reprenant le slogan : « Rien sur les ASC, sans les ASC ».
(AIP)
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