Abidjan, 27 avr 2026 (AIP) – La cellule des orthophonistes de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), en collaboration avec l’Institut national de la santé publique (INSP), a initié une journée de sensibilisation visant à impliquer davantage les professionnels dans l’amélioration de la prise en charge de l’autisme.
En Côte d’Ivoire, l’autisme reste encore mal compris et insuffisamment pris en charge. En ce mois, les acteurs du secteur se mobilisent autour de la campagne « Avril Bleu » afin d’intensifier la sensibilisation et de plaider pour un système de santé plus inclusif. Près de 300 000 personnes vivraient avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) dans le pays.
Présidente de la cellule, Roxane Kouamé a exprimé, vendredi 24 avril à l’INFAS, l’engagement des orthophonistes à renforcer l’encadrement de la prise en charge des enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme.
« Nouvelle promotion d’orthophonistes formés par l’INFAS, nous sommes prêts à nous engager pour la prise en charge de ces enfants. La directrice de l’INFAS, Méliane N’dhatz épouse Sanogo, met tout en œuvre pour contribuer, à son niveau, à la prise en charge précoce de l’autisme et à l’inclusion de ces enfants », a-t-elle indiqué.
Mère d’une fillette de deux ans, Rokia Soro a pris part à cette journée de sensibilisation placée sous le thème « Autisme : unir les professionnels pour un meilleur accompagnement ».
« Il est important de s’informer sur la question. L’autisme n’est pas un tabou ni une fatalité. Ce sont des situations qui peuvent survenir chez tout le monde. Face à un cas, il faut se rapprocher des spécialistes afin de mieux gérer la situation », a conseillé Mlle Soro.
La pédopsychiatre, Dr Anna Corinne Eliéma Bissouma, a précisé que l’autisme « n’est pas une maladie, mais une manière différente d’être au monde ».
Elle a insisté sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce. « Un bon suivi de grossesse, un accouchement de qualité et une attention particulière durant les premières années de vie de l’enfant permettent de réduire les risques. Lorsque le cerveau subit des souffrances pendant la grossesse, à l’accouchement ou après, cela peut augmenter les risques de troubles du spectre de l’autisme », a expliqué Dr Bissouma.
Selon elle, l’autisme peut être lié à des facteurs biologiques, environnementaux ou génétiques. Elle a également souligné que le diagnostic est essentiellement clinique et qu’une prise en charge précoce est déterminante.
La sous-directrice de l’École de formation de l’INFAS, Koné Yeboum Lydie, s’est réjouie de la tenue de cette activité dans les locaux de l’institution. Elle a souligné que cette initiative constitue une opportunité d’apprentissage et de sensibilisation aux signes précoces, ainsi qu’à la conduite à tenir pour une meilleure prise en charge.
« Il s’agit de détecter les anomalies, d’orienter rapidement les enfants vers des consultations spécialisées et de favoriser leur insertion sociale. C’est une seconde chance à offrir à ces enfants », a-t-elle affirmé.
Elle a également insisté sur la nécessité de changer les perceptions dans le contexte africain. « Dans nos sociétés, ce qui est mal compris est souvent associé à la sorcellerie ou à des croyances. Cette sensibilisation permettra d’adopter un regard plus juste sur ces enfants ayant des comportements différents », a-t-elle conclu.
(AIP)
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