Abidjan, 30 avr 2026 (AIP)- Le secrétaire général du comité de gestion de l’île Boulay, Akré Georges, a dénoncé, jeudi 30 avril 2026, à l’issue d’une visite de terrain, une situation qu’il qualifie d’« injustice et de non-respect des droits coutumiers » dont sont victimes les communautés locales.
« Depuis des années, nos terres ancestrales sont exploitées sans que nos droits coutumiers ne soient respectés », a déclaré le chef Akré, entouré des membres du comité de gestion de l’île Boulay.
S’exprimant au nom des propriétaires coutumiers, il a rappelé que l’île Boulay constitue un patrimoine ancestral des populations de Yopougon et de leurs alliés, notamment les villages Bidjan d’Abidjan Locodjro, Abidjan Santé, Abidjan Agban, Abidjan Adjamé, Abidjan Anoumanbo, Abidjan Cocody-Village et Abidjan Attécoubé, ainsi que les villages Abia (Koumassi, Biétry et Assandé).
Selon lui, la pression foncière croissante dans la zone confère à l’île Boulay un caractère stratégique pour la survie des communautés Atchans.
« La terre devient rare et cette île représente aujourd’hui notre principal espoir pour les générations futures », a-t-il insisté, déplorant des exploitations répétées marquées par des enquêtes de commodo et incommodo, des travaux de décapage, d’ouverture de voies et d’installation de poteaux, en vue d’un lotissement sur près de 70 hectares, sans consultation ni prise en compte des droits coutumiers.
Tout en réaffirmant l’attachement de sa communauté à la paix, Akré Georges a appelé les autorités compétentes à prendre leurs responsabilités afin de garantir le respect des droits des propriétaires coutumiers.
« Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, mais de justice et de respect. L’île Boulay n’est pas une terre sans propriétaire », a-t-il conclu, rappelant que « le respect des droits coutumiers n’est pas une faveur, mais une obligation ».
Cette préoccupation est partagée par le président de la commission foncière du village d’Audoin-Assandé (sous-préfecture et commune de Songon), de la fratrie Bia, Théophile Mambé, ainsi que par le président de la commission foncière de Locodjro, de la fratrie Bidjan, Abroh Franck.
Tous appellent à une implication accrue des autorités afin de garantir le respect des droits coutumiers.
« Nous demandons aux autorités de penser à nous, propriétaires terriens, et de faire respecter nos droits coutumiers », a plaidé M. Mambé.
D’une superficie estimée à environ 2 000 hectares, l’île Boulay abrite deux villages, N’gandikro et Jeankouamékro. Elle relève de quatre villages principaux, notamment Yopougon Santé, Yopougon Kouté, Azito et Béago, alliés à plusieurs villages Bidjan et Abia.
(AIP)
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