Abidjan, 05 mai 2026 (AIP)- Les perturbations récentes enregistrées dans la fourniture d’électricité dans le Grand Abidjan ne remettent pas en cause les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire, mais mettent en évidence un défi structurel lié à la fiabilité du réseau, a affirmé le directeur général de Mitrelli en Côte d’Ivoire et au Sénégal, Abdoul Hien.
Dans une note d’information transmise à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), mardi 5 mai 2026, M. Hien explique que ces perturbations traduisent la nécessité de maintenir une alimentation électrique stable dans un contexte de forte croissance de la demande.
Selon lui, la consommation d’électricité connaît une hausse soutenue, portée par l’urbanisation rapide, le développement industriel et des conditions climatiques de plus en plus exigeantes. Cette évolution exerce une pression croissante sur les infrastructures existantes, notamment les réseaux de transport et de distribution.
« Le secteur entre dans une phase où la performance et la continuité du service deviennent aussi importantes que l’accès », a-t-il souligné, relevant qu’une telle transition est observée dans plusieurs économies africaines engagées dans la modernisation de leurs systèmes électriques.
Les enjeux sont significatifs. Pour les entreprises, en particulier les industries énergivores, la fiabilité de l’approvisionnement constitue désormais un facteur déterminant de compétitivité. À l’échelle nationale, elle influence également l’attractivité du pays et sa capacité à mobiliser des investissements.
Face à ces défis, les autorités ivoiriennes ont engagé des actions structurantes. Un programme de 300 millions de dollars, soit environ 168,4 milliards de FCFA, a été annoncé pour renforcer le réseau électrique national et soutenir le marché régional de l’électricité. Parallèlement, un plan d’urgence de 56,2 millions de dollars, soit près de 31,4 milliards FCFA, vise à stabiliser le système à la suite des perturbations récentes.
Pour le responsable de Mitrelli en Côte d’Ivoire et au Sénégal, la réponse repose sur des approches intégrées combinant ingénierie, financement et exécution. Fort de son expérience en Afrique, notamment en Angola, où le groupe a contribué à des projets d’électrification et au déploiement de solutions énergétiques diversifiées, il insiste sur l’importance d’une vision de long terme.
« La prochaine étape ne se joue plus uniquement sur l’accès, mais sur la fiabilité », a insisté M. Hien, estimant que la mise en place d’un système énergétique résilient sera essentielle pour soutenir durablement la croissance économique de la Côte d’Ivoire et conforter son ambition de hub énergétique en Afrique de l’Ouest.
Le secteur électrique en Côte d’Ivoire est en forte croissance avec 5 000 MW projetés à l’horizon 2030. A l’état actuel, le secteur énergétique présente un mix relativement diversifié reposant principalement sur la production d’électricité à partir de sources thermiques (76,4%) et hydroélectriques (23,6%).
En plus de ces sources, la Côte d’Ivoire a commencé à intégrer les énergies renouvelables, en particulier le solaire, avec l’inauguration de sa première centrale 37,5 MW à Boundiali (première phase) en mars 2024 pour un coût d’investissement de 49,5milliards FCFA.
(AIP)
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