Abidjan, 05 mai 2026 (AIP)- La présidente du Réseau ivoirien pour la défense des droits de l’enfant et de la femme (RIDDEF), Chantal Ayemou, a lancé mardi 5 mai 2026 un plaidoyer national pour la protection des travailleurs domestiques en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail, lors du Forum national sur le travail domestique autour du thème, « Protection sociales et sanitaire des travailleurs domestiques », à l’hôtel Palm Club d’Abidjan.
Intervenant à l’ouverture des traveaux, la présidente du RIDDEF a insisté sur l’urgence de renforcer la protection sociale, sanitaire et juridique de ces travailleurs, majoritairement des femmes et des jeunes filles, souvent exposées à des abus dans l’exercice de leurs fonctions.
Ce plaidoyer s’inscrit dans un contexte marqué par la ratification récente par la Côte d’Ivoire de la Convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (OIT), un instrument international qui promeut le travail décent pour les travailleurs domestiques. Pour Mme Ayemou, cette avancée doit désormais se traduire par des mesures concrètes au niveau national.
« Il est temps de passer des engagements aux actions. Les travailleurs domestiques ne doivent plus être invisibles, mais reconnus, protégés et respectés », a-t-elle déclaré.
Au-delà des réformes juridiques, le réseau persiste sur l’importance d’un changement de regard de la société sur le travail domestique. « Le travail domestique est un pilier silencieux de notre société. Il mérite reconnaissance et respect », a souligné Chantal Ayemou.
Selon les données évoquées lors du forum, plus de 300 000 personnes exercent comme travailleurs domestiques en Côte d’Ivoire, dont une majorité de femmes. La plupart évoluent dans l’informel, sans contrat écrit, avec des rémunérations souvent inférieures au salaire minimum et un accès très limité à la protection sociale.
Face à cette réalité, le RIDDEF appelle à une meilleure application des textes existants, mais aussi à l’élaboration de mécanismes spécifiques prenant en compte les réalités du secteur. Il s’agit notamment de garantir l’accès aux soins de santé, aux congés, à la protection en cas de maternité, ainsi qu’à des conditions de travail décentes.
Le réseau plaide également pour un encadrement plus strict des agences de placement, souvent accusées de pratiques abusives, et pour une formalisation accrue du secteur afin de lutter contre l’exploitation.
À l’issue des travaux, des recommandations sont attendues en vue de renforcer les politiques publiques dans ce domaine. Les participants ont notamment mis en avant la nécessité de consolider le dialogue entre les différents acteurs et de promouvoir une meilleure appropriation du cadre juridique, des mécanismes de protection sociale et sanitaire, ainsi que de la régulation des agences de placement, afin de garantir une protection effective des droits des travailleurs domestiques en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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