Abidjan, 17 juil 2025 (AIP ) – Le président du conseil d’administration de Médecins sans frontières (MSF), Dr Ali Ouattara, a mis en garde mercredi 16 juillet 2025 à Abidjan contre les effets « néfastes » de la désinformation sur l’action humanitaire, estimant qu’elle menace à la fois la sécurité des équipes de terrain et l’accès aux populations vulnérables.
« La désinformation est un sujet important, mais aussi très inquiétant pour nous, les humanitaires. Elle a un impact direct sur nos opérations, sur la sécurité de nos équipes et sur les communautés que nous essayons d’aider », a déclaré Dr Ouattara lors d’une rencontre avec des journalistes professionnels.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier d’échange sur le traitement de l’information dans les zones de conflit, le responsable de MSF a appelé les journalistes à jouer un rôle de « rempart contre les narratifs erronés » qui circulent sur les réseaux sociaux et dans certains médias.
Créée en 1971 par des médecins et journalistes ayant été témoins de la guerre du Biafra, l’organisation revendique une tradition de liberté de parole et d’action, que Dr Ouattara a rappelée dans son allocution. « MSF a été fondée pour parler librement des crises, porter la voix des populations affectées, mais aussi agir de façon responsable et indépendante », a-t-il souligné.
Ces derniers mois, MSF a été la cible de nombreuses rumeurs dans plusieurs pays de la région. L’organisation a été tour à tour accusée de collusion avec des groupes armés, d’espionnage, de trafic d’organes ou encore de discrimination communautaire dans ses recrutements. Des allégations que l’ONG réfute catégoriquement.
Pour MSF, ces campagnes de désinformation peuvent avoir des conséquences graves : refus de soins par les populations, retrait des équipes de zones critiques, ou encore suspension d’activités médicales d’urgence.
« Notre enjeu aujourd’hui, c’est de trouver ensemble des solutions pratiques pour contenir ce phénomène. La collaboration avec les journalistes est essentielle », a insisté Dr Ouattara.
L’atelier, organisé à l’initiative de la section ivoirienne de MSF, a réuni une vingtaine de professionnels de médias, d’experts en communication humanitaire. Il vise à renforcer la qualité de l’information dans les contextes sensibles et à bâtir une meilleure compréhension du mandat humanitaire.
« C’est ensemble que nous devons défendre l’accès à l’aide humanitaire, fondée sur des faits et non sur des rumeurs », a conclu le président de MSF.
(AIP)
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