Abidjan, 30 sept 2025 (AIP)- Des professionnels de la santé ont appelé les autorités à investir davantage dans les programmes de prévention, de dépistage et de formation médicale, afin d’enrayer la progression alarmante des maladies cardiovasculaires en Côte d’Ivoire, une épidémie silencieuse qui a déjà emporté de nombreuses vies.
Ces professionnels se sont exprimés à l’occasion de la Journée mondiale du cœur, commémorée lundi 29 septembre 2025 à la mairie d’Adjamé, sous le thème : « Les environnements sains pour notre cœur ».
En Côte d’Ivoire, près de 40 % des adultes souffrent d’hypertension artérielle – un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires.
L’obésité, le diabète (prévalence estimée à 6,2 %), la sédentarité, le tabagisme et la mauvaise alimentation aggravent la situation. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15 % des décès dus aux maladies non transmissibles sont liés à des pathologies cardiovasculaires.
Pour Dr Ehui Louis Bernard, conseiller technique au ministère de la Santé, cette réalité impose de repenser les environnements de vie pour les rendre plus favorables à la santé cardiaque : dans les foyers, les écoles, les lieux de travail comme dans les quartiers.
« La santé du cœur repose sur des gestes simples, mais elle doit aussi être soutenue par des politiques publiques fortes », a déclaré Dr Ehui, appelant à renforcer les campagnes de sensibilisation et à intégrer la prévention dans la vie quotidienne.
La cardiologue et professeure N’Cho Mottoh Anne-Marie, intervenant au nom de la Société ivoirienne de cardiologie (SICARD), a rappelé que près de 80 % des maladies cardiovasculaires sont évitables. Mais pour cela, le système de santé doit changer d’échelle.
Pr N’cho a plaidé pour la gratuité et la multiplication des dépistages de l’hypertension et du diabète, notamment dans les zones rurales, la formation accrue des agents de santé sur les pathologies cardiovasculaires.
l’intégration de la cardiologie dans les plans nationaux de santé et la décentralisation des soins spécialisés, pour garantir un accès équitable sur tout le territoire.
(AIP)
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