Niakara, 04 oct 2025 (AIP) – Les opérateurs agricoles de Niakara, dans le centre-nord de la Côte d’Ivoire (région du Hambol), tirent la sonnette d’alarme face à une raréfaction inhabituelle des pluies depuis septembre 2025, une situation qui compromet la campagne agricole en cours et pourrait entraîner de lourdes conséquences sur la sécurité alimentaire ainsi que sur la filière bétail.
Selon le président d’une coopérative agricole de Niakara, lors d’un entretien accordé vendredi à l’AIP, « normalement, en août et septembre, nous recevons des pluies, mais cette année, ce n’est vraiment pas le cas. Les cultures de maïs, de riz et d’ignames sont gravement endommagées. C’est un véritable désastre ! », s’est indigné Thibault Kélo.
Les précipitations de l’année se sont principalement produites en juillet et début août, suivies d’une période anormalement sèche, a ajouté M. Kélo, soulignant que contrairement aux années précédentes où les pluies prolongées jusqu’en octobre étaient la norme, ce déficit hydrique menace la survie des cultures vivrières.
Thomas Soro Namong, agriculteur du village de Yacoukaha, s’inquiète particulièrement. « La majorité des paysans de Niakara vivent exclusivement de l’agriculture pluviale. Cette année, la campagne agricole risque d’être gravement compromise, ce qui engendrera une insécurité alimentaire », a-t-il déclaré.
Les producteurs de riz redoutent un impact dramatique sur la phase d’épiaison, également appelée « accouchement », qui nécessite un apport constant en eau. « Sans pluie, les grains de riz resteront vides. Nous risquons fortement de connaître une pénurie alimentaire », a averti un cultivateur d’Adamakaha, localité située en bordure de la nationale A3, à cinq kilomètres au nord de Niakara.
Le secteur de l’élevage est également touché. Les aviculteurs craignent une hausse des coûts de production, liée à la pénurie de maïs, ingrédient essentiel à l’alimentation des volailles. « S’il n’y a pas de maïs, nous serons contraints d’abandonner nos fermes en attendant la prochaine campagne », a déploré un éleveur de poulets à Niakara.
Les éleveurs de bovins redoutent des déplacements forcés vers des zones mieux arrosées du Poro ou du nord de Niakara, des déplacements susceptibles de raviver les conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs. « L’absence prolongée de pluies entraîne généralement vols, pertes de bétail et tensions. C’est un véritable cauchemar pour les acteurs de la filière bovine », a souligné Parfait Koné, responsable local de la filière bétail.
Dans l’attente d’éventuelles pluies salvatrices, les communautés agricoles de Niakara vivent désormais dans la crainte d’une crise alimentaire et économique majeure, susceptible de fragiliser durablement leurs moyens de subsistance.
(AIP)
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