Vavoua, 1er déc 2025 (AIP) – Les plantations de cacaoyers, en déclin constant depuis une dizaine d’années dans le département de Vavoua, connaissent aujourd’hui une renaissance progressive.
Sous l’ombre protectrice des anacardiers, de jeunes plants annoncent depuis bientôt cinq ans le retour d’une filière stimulée par la hausse du prix du kilogramme de fèves de cacao.
À Vavoua, les vergers de cacao avaient reculé d’année en année, supplantés par de vastes champs d’anacardiers. La maladie du swollen shoot a ravagé les plantations pendant plus d’une décennie. Malgré les appuis de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), la production ne cessait de baisser.
Les techniciens recommandaient l’arrachage total des plants infectés, ainsi que de ceux situés à proximité. Une mesure difficilement applicable pour des paysans déjà fragilisés.
« Il est difficilement acceptable pour un paysan de couper des plants encore en pleine production », confie Yao Clément, producteur à Oussoukro, un campement de la commune de Vavoua.
À cette maladie dévastatrice se sont ajoutés les effets du changement climatique et la destruction progressive des forêts. Sans ombrage, les jeunes cacaoyers brûlaient sous les fortes chaleurs. Les pluies, de plus en plus rares et irrégulières, perturbaient les cycles culturaux.
Face à ces conditions difficiles, beaucoup de producteurs ont opté pour l’anacarde. Selon le Conseil du coton et de l’anacarde, la production de noix de cajou du seul département de Vavoua dépasse aujourd’hui celle de toute la région du Haut-Sassandra. Elle rivalise même avec celle du Worodougou, longtemps considérée comme un bastion de la filière.
Cependant, la culture de l’anacarde ne répond pas toujours aux attentes des producteurs. Le prix du kilogramme, fluctuant entre 300 et 400 FCFA, s’effondre régulièrement au cours des campagnes, renforçant le sentiment d’instabilité.
Depuis trois ans, un regain d’intérêt pour la culture du cacao est observable à Vavoua. Dans de nombreuses plantations d’anacardiers, de jeunes cacaoyers reprennent vie, profitant de l’ombrage naturel offert par les cajoutiers.
Cette association culturale, désormais adoptée par la quasi-totalité des producteurs, est encouragée par les agents de l’ANADER qui prodiguent des conseils sur les techniques adaptées à ce système mixte.
Selon une source de la direction départementale de l’Agriculture de Vavoua, la production cacaoyère progresse depuis trois ans. Néanmoins, cette reprise reste limitée en raison du manque d’espaces disponibles, largement occupés par l’anacarde et l’hévéa.
La hausse continue du prix du kilogramme de fèves de cacao (passé de 1 200 FCFA à 2 800 FCFA en trois campagnes) redonne confiance aux producteurs. Cette dynamique est renforcée par les mesures strictes du Conseil du café-cacao qui veille scrupuleusement au respect du prix bord champ et multiplie les contrôles pour décourager les pratiques illégales.
Cette vigilance a permis de restaurer la confiance des agriculteurs et de sécuriser leurs revenus.
Partout dans les campements et villages de Vavoua, le cacao renaît littéralement. Sur une même parcelle, cacaoyers et anacardiers cohabitent désormais harmonieusement, permettant aux producteurs de diversifier leurs sources de revenus. À mesure que les vergers se reconstituent, les conditions de vie des paysans s’améliorent, ouvrant de nouvelles perspectives économiques pour le département.
(AIP)
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