Abengourou, 30 nov. 2025 (AIP) – La commune de Niablé a organisé, samedi 29 novembre 2025, une triple cérémonie marquée par le dévoilement et la dédicace de la statue de Nanan Kacou Anini, premier chef du canton (1882–1931), la présentation de l’espace « Brise de la Reine Mère » et l’inauguration des armoiries du canton et de la mairie.
La cérémonie d’hommage à Nanan Kacou et à la reine mère s’est tenue sur la place de la Paix Félix Houphouët-Boigny, en présence du chef de canton, Nanan Kouakou Kouao le Patient III, de Nanan Kouakou Hilaire, chef du canton d’Ebilassokro et premier petit-fils de Nanan Kacou Anini, ainsi que les ministres Siandou Fofana du Tourisme et des Loisirs, le ministre des Affaires étrangères et Ivoiriens de l’extérieur Adom Kacou Léon et le préfet de région, préfet du département d’Abengourou Kouadio Kouassi Eugène, représentant le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé patron de la cérémonie,
Érigée au cœur de la ville, la statue monumentale de Nanan Kacou Anini se dresse majestueusement, le regard tourné vers l’entrée de Niablé, comme pour veiller sur la cité. « Cette œuvre vise à honorer la mémoire d’un illustre bâtisseur, symbole d’effort, de courage et de dignité », a déclaré le maire de Niablé, Édouard Messou, Elle a également pour objectif de transmettre à la jeunesse l’héritage de cette figure emblématique, de l’encourager à cultiver la valeur du travail et de la dignité qu’il incarnait, et de l’inspirer à poursuivre la même quête d’excellence..

Le premier magistrat de la commune a retracé l’histoire du patriarche, rappelant que, devenu adulte, il avait été envoyé en gage pour travailler afin de rembourser une dette contractée par son oncle, Nanan Ado, dans le Sanwi, à Aboisso. Employé comme manœuvre lors de l’introduction du café et du cacao en Côte d’Ivoire dans les années 1800, il s’était affranchi grâce à son labeur, acquérant progressivement savoir-faire, plantations et prospérité.
Le maire a indiqué que le chef canton Nanan Kacou Anini, qui a régné pendant 49 ans, « a été le premier en tout à Niablé : par la longévité de son règne, par son influence et par son sens du travail, qui l’a libéré de l’asservissement et lui a conféré une dignité qu’il a su transmettre à sa descendance ».
Il a ajouté que Nanan Kacou Anini avait inculqué le goût de l’effort à ses contemporains, notamment Sansan Kouao, illustre planteur de la région qui a mis en œuvre les enseignements que leur avait transmis Nanan Kacou Anini.
« L’une des formes les plus achevées de son épanouissement a été une polygamie pleinement assumée », a souligné Édouard Messou. Nanan Kacou Anini a épousé plus d’une trentaine de femmes et laissé « une descendance impressionnante ». À son décès, en 1931, il comptait officiellement 17 veuves et 99 enfants.
L’espace « Brise de la Reine Mère » est un jardin de repos engazonné, orné de jeunes arbres en croissance et d’un monument à l’effigie de la Reine Mère Nanan Appia Solange. Il comprend également un château d’eau destiné à fournir quotidiennement de l’eau aux riverains, ainsi qu’un terrain de maracana qui sera éclairé 24h/24.

Le maire a expliqué que cet espace matérialise le rôle central de la Reine Mère, première conseillère du chef, mémoire vive du canton, gardienne de l’équilibre social, décisive dans la désignation des chefs et indispensable à la résolution des conflits. « Elle apaise les tourments ; ses paroles et ses gestes sont comme une brise, un air frais en temps de chaleur pour ceux qui la sollicitent », a-t-il déclaré ajouatnt que ces ouvrages ont été réalisés par le monumentaliste, Ayebi Kouao René, maître sculpteur.
Les armoiries du canton et de la commune ont été conçues pour représenter l’identité et la singularité de Niablé. Elles retracent son histoire économique. Elles mettent en avant l’igname et ses racines, symbole de l’attachement aux origines, ainsi que le bia ou chaise royale et le « èhôtô », signes d’autorité et de légitimité coutumière.
Au centre figure le nœud de la sagesse, représentant l’intelligence, l’équilibre et le discernement.
En haut, l’hévéa saigné, évoque la reconversion économique opérée après la maladie du cacao, le Swollen Shoot. En bas, le café et le cacao rappellent les cultures qui ont fait la richesse et la renommée de la région, surnommée la « cité des Lauréats ».
À travers ces trois actes, Niablé, selon le maire Edouard Messou, affirme sa volonté de transmettre aux générations futures l’esprit de travail, de sagesse, de stabilité et de fierté légué par Nanan Kacou Anini et par les institutions traditionnelles qui structurent encore la vie du canton.
(AIP)
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