Abidjan, 23 jan 2026 (AIP) – La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a mis en garde contre une « nostalgie dangereuse » qui menace aujourd’hui le multilatéralisme, appelant les États à protéger et défendre la Charte des Nations Unies, dans un discours prononcé le jeudi 22 janvier 2026 devant le Parlement danois.
Qualifiant la Charte de l’ONU de « boussole morale », Mme Mohammed a exhorté les pays à renouveler leur engagement en faveur d’un ordre international fondé sur des règles, reposant sur la solidarité, le droit international et la dignité humaine, avertissant que tout affaiblissement de ce socle pourrait avoir de lourdes conséquences.
Elle a souligné la nécessité d’investir dans la paix, citant notamment les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ainsi que celles soutenant la solution à deux États entre Israéliens et Palestiniens.
Évoquant une interprétation variable de l’État de droit selon les intérêts des grandes puissances, Mme Mohammed a rappelé les propos du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, selon lesquels la Charte « n’est pas un menu à la carte » et engage tous les États sans exception. Selon elle, ce sont désormais les petits pays qui défendent le plus fermement la Charte, conscients que « si les règles ne protègent pas les plus vulnérables, elles ne protègent personne ».
« Soit vous défendez un ordre fondé sur des règles, soit vous en payez le prix. Hier, le prix a été le Venezuela, demain ce pourrait être le Groenland », a-t-elle averti.
Abordant la question du développement durable, la numéro deux de l’ONU a alerté sur les effets des tensions géopolitiques et des guerres commerciales, qui compromettent les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, la réduction de la mortalité infantile et maternelle, ainsi que l’accès des filles à l’éducation. Elle a également déploré un recul mondial des droits des femmes et des filles.
Mme Mohammed a relevé le déséquilibre entre les dépenses militaires mondiales, qui ont atteint un niveau record de 2 700 milliards de dollars, et le déficit annuel estimé à 4 200 milliards de dollars pour financer les besoins fondamentaux du développement.
Critiquant la concentration croissante des richesses, elle a indiqué que la richesse des milliardaires a augmenté de 2 000 milliards de dollars l’an dernier, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité ne détient que 2 % de la richesse mondiale.
Enfin, la Vice-Secrétaire générale a plaidé pour une réforme en profondeur de l’ONU, afin de préserver le multilatéralisme. Elle a cité l’initiative ONU80, destinée à rendre l’organisation plus efficace face à la baisse des ressources et à l’augmentation des besoins sur le terrain, appelant les États, dont le Danemark, à s’engager en faveur d’une ONU réformée, capable de tenir les promesses de la Charte et de répondre aux réalités actuelles.
(AIP)
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