Bondoukou, 28 fév 2026 (AIP) – L’administration préfectorale a appelé, jeudi 27 février 2026, à une valorisation réfléchie et dynamique de l’héritage culturel comme levier de gouvernance et de cohésion sociale, à l’ouverture d’un colloque international pluridisciplinaire organisé à l’université de Bondoukou.
Représentant le préfet de région, préfet du département de Bondoukou, le secrétaire général 2 de la préfecture, Loan Constant, a estimé que « l’on ne gouverne bien le présent que si l’on comprend profondément d’où l’on vient », soulignant la nécessité d’ancrer l’action publique dans la mémoire culturelle des peuples.
Justifiant le choix de Bondoukou pour abriter cette rencontre scientifique placée sous le thème « Culture d’hier à aujourd’hui : quel héritage ? », il a rappelé que la ville constitue « une leçon d’histoire et de culture à ciel ouvert », marquée par une cohabitation séculaire des traditions, des religions et des communautés. « Bondoukou n’a pas été choisie par hasard ; elle est, en elle-même, une réponse partielle à la problématique du colloque », a-t-il affirmé.
Pour l’administrateur civil, l’héritage culturel englobe les langues vernaculaires, les savoirs traditionnels, les expressions artistiques ainsi que les modes d’organisation sociale hérités des ancêtres. Autant d’éléments qu’il a qualifiés de « véritable réserve d’intelligence collective », témoignant des réponses endogènes apportées par les sociétés africaines aux défis de leur époque.
- Loan a invité à une appropriation critique de cet héritage, mettant en garde contre toute approche dogmatique. « Il ne s’agit ni de tout conserver aveuglément, ni de tout rejeter par mimétisme. Notre rôle est de trier avec lucidité, critiquer avec amour et réinventer avec audace », a-t-il soutenu, relevant que les sociétés traditionnelles ont toujours su adapter et faire évoluer la culture transmise.
Comparant la mémoire culturelle à une source vitale, le représentant du préfet de Bondoukou a prévenu qu’« un peuple sans mémoire culturelle est comme un fleuve sans source : il coule, mais ne sait plus vers quelle mer il se dirige », soulignant les risques de perte de repères identitaires dans un contexte de mutations rapides.
Le secrétaire général de la préfecture a également exprimé le souhait que les conclusions de ce colloque dépassent le cadre universitaire pour nourrir les politiques culturelles publiques, les programmes éducatifs et les stratégies de valorisation des traditions locales. Il a appelé à des réflexions capables de « parler à la fois au griot devant le foyer et à l’étudiant avec son smartphone », qu’il a décrits comme « les deux visages d’un même peuple en marche ».
Avant de déclarer ouverts les travaux du colloque, il a exhorté les participants à confronter librement leurs analyses, estimant que « la vérité se forge dans la friction des intelligences ». Il a, par ailleurs, salué l’initiative des organisateurs et la mobilisation d’universitaires venus de divers horizons, considérant que « rassembler chercheurs, penseurs et praticiens en un même lieu constitue déjà, en soi, un acte culturel ».
Au nom du préfet de région, il a enfin adressé ses remerciements aux autorités universitaires et aux initiateurs de la rencontre, qualifiant l’événement de « buffet culturel d’une richesse rare, où chaque intervenant apporte sa tradition de pensée et son terroir intellectuel ».
(AIP)
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