Abidjan, 19 mars 2026 (AIP)– Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a annoncé jeudi 19 mars 2026 à Abidjan, une série de mesures fermes pour encadrer le développement économique et lutter contre la dégradation de l’environnement, promettant notamment l’application intégrale du principe « pollueur-payeur » et le déploiement de l’Agence nationale de l’environnement (ANDE) dans l’ensemble des 31 régions du pays.
M. Bamba s’exprimait lors d’une visite de travail au siège de l’ANDE, une étape de sa tournée au sein des structures de son département. Il a salué l’accueil « chaleureux » de son équipe et justifié le report de sa visite, initialement prévue la veille, par des « contraintes de dernière minute », se présentant comme un « soldat » au service du devoir.
Le ministre a rappelé le caractère « stratégique » de l’ANDE, dont l’expertise scientifique et technique est indispensable pour éclairer les décisions de l’État dans des secteurs clés comme l’agriculture, les mines, le pétrole ou l’industrie. Il a insisté sur la nécessité de rendre ces actions plus visibles pour que la nation mesure l’importance de cette contribution au développement durable.
Face à ce qu’il a qualifié de « crise environnementale » (remblayage clandestin, pollution des lagunes, pollution plastique et atmosphérique), Abou Bamba a prévenu que l’heure n’était plus aux compromis. Il a annoncé une application rigoureuse de l’article 68 du code de l’environnement, qui soumet tout projet à impact à une évaluation environnementale et sociale.
Cinq annonces fortes ont marqué son intervention. Il s’agit du renforcement de l’ANDE. Selon lui, l’agence verra ses prérogatives renforcées pour mieux « encadrer » le développement et les investissements étrangers directs, dont le taux est déjà l’un des plus élevés au monde.
Le ministre a fait une mise en demeure, indiquant que les entreprises et porteurs de projets non conformes à la loi seront approchés « très bientôt » pour régulariser leur situation, que ce soit pour une première évaluation ou pour un audit environnemental.

Il a fait cas de zéro tolérance. « Aucun projet, aucune activité susceptible d’avoir un impact négatif sur l’environnement ou sur la vie des Ivoiriens ne sera exécuté sans évaluation environnementale et sociale », a-t-il martelé.
Selon le ministre, le principe pollueur-payeur, fondamental, sera mis en œuvre. « Ceux qui polluent, ceux qui ont pollué vont payer. Ceux qui ont remblayé illégalement vont déblayer », a-t-il insisté, exigeant la remise en état des écosystèmes dégradés.
Dans la dynamique de protection des citoyens, M. Bamba a réaffirmé que le gouvernement se tiendrait « constamment » aux côtés des ivoiriens victimes de nuisances contre les pollueurs.
Abou Bamba a annoncé un projet majeur de déconcentration. « Notre souci dans les semaines à venir sera de faire en sorte que l’ANDE soit représentée dans les 31 régions du pays », a-t-il déclaré, justifiant cette décision par la nécessité de répondre à un « développement tous azimuts » qui s’accompagne malheureusement d’une « dégradation de l’environnement tous azimuts ».
Auparavant, le directeur de l’ANDE, Ernest Bouaky, avait salué le leadership du ministre et réaffirmé l’engagement des équipes de l’agence, certifiée ISO 9001 version 2015, à poursuivre leur mission de « gardiens » de l’équilibre écologique.
Il a présenté les avancées de l’agence tout en partageant les défis qui persistent, assurant que le regard du ministre serait « la boussole » guidant leurs futures actions.
(AIP)
gak/zaar

