Abidjan, 25 mars 2026 (AIP) – Le président du conseil d’administration (PCA) de la Confédération des organisations des victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire (COVICI), Toé Seydou, a exhorté l’État à se pencher sur la question du statut des victimes des crises ivoiriennes, mardi 24 mars 2026, à l’occasion de la Journée du souvenir et de l’engagement.
Cette Journée, organisée en Côte d’Ivoire en partenariat avec l’association italienne Libera, une organisation internationale de soutien aux victimes de la criminalité, s’inscrit dans une dynamique de plaidoyer visant à renforcer la prise en compte des victimes dans les politiques publiques, notamment en matière de justice et de réparation.
M. Toé a souligné l’importance de cette commémoration qu’il considère comme une occasion majeure de porter les préoccupations des victimes auprès des autorités ivoiriennes. « Nous saisissons toutes les opportunités pour faire entendre la voix des victimes tant sur le plan national qu’international », a-t-il affirmé.
Il a insisté sur les défis persistants auxquels sont confrontées les victimes, en particulier leur insertion socio-économique, leur autonomisation et leur prise en charge psychosociale. « La guerre est terminée, mais elle a laissé des séquelles. Il est essentiel de mettre en place des dispositifs d’accompagnement adaptés », a-t-il ajouté.
Au cœur des préoccupations, figure également le blocage du processus d’indemnisation des victimes. M. Toé a déploré l’arrêt de plusieurs mécanismes de soutien, tels que la distribution de chèques, la prise en charge des orphelins et les activités génératrices de revenus pour les femmes. Il a ainsi appelé les autorités à clarifier les raisons de cette situation et à relancer le processus de réparation, rappelant les engagements financiers annoncés par l’État.
L’événement a été ponctué par une conférence animée par le juriste et consultant Ibrahim Bamba, autour du thème « De la justice réparatrice à la justice régénérative des victimes de conflits armés : approches, défis et opportunités ».
Ce dernier a distingué la justice réparatrice, centrée sur l’indemnisation et la restitution des droits, de la justice régénérative, qui vise à traiter les causes profondes des injustices. Les participants ont souligné la nécessité d’intégrer les dimensions économiques, sociales et psychologiques dans les mécanismes d’accompagnement.
Selon la COVICI, les crises survenues entre 1990 et 2011 ont généré 874 055 demandes de réparation, dont 557 101 dossiers ont été invalidés et 316 954 validés. Parmi ces derniers, 0,77 % concernent des victimes de violences basées sur le genre, 8,45 % des victimes de blessures graves, 6 % des meurtres et/ou disparitions, et 84,78 % des destructions de biens.
(AIP)
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