Abidjan, 25 mars 2026 (AIP) – L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a alerté, mercredi 25 mars 2026, sur une contamination « forte et croissante » de la population française au cadmium, un métal lourd cancérogène présent dans les sols et l’alimentation.
Dans un rapport, l’agence sanitaire indique que près de la moitié des adultes, soit 47,6%, dépasse les valeurs toxicologiques de référence. Selon les experts, cette surexposition constitue une situation « préoccupante » qui nécessite des mesures urgentes pour réduire les risques pour la santé.
Le cadmium, reconnu comme substance cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, s’accumule dans l’organisme et peut affecter plusieurs organes, notamment les reins, les os et le système cardiovasculaire. L’agence souligne également que près d’un quart des cas d’ostéoporose pourraient être liés à ce métal.
L’alimentation représente la principale source d’exposition, jusqu’à 98% selon le rapport, notamment à travers les produits céréaliers, les pommes de terre et certains légumes. L’ANSES estime que les niveaux observés en France sont jusqu’à trois à quatre fois plus élevés que dans d’autres pays européens.
Face à cette situation, l’Agence appelle à revoir les pratiques agricoles, notamment en réduisant l’utilisation des engrais minéraux phosphatés et en abaissant les seuils autorisés de cadmium dans les matières fertilisantes et les produits alimentaires. Elle recommande également de renforcer les contrôles tout au long de la chaîne alimentaire.
Pour les consommateurs, les marges d’action restent limitées, mais l’ANSES suggère notamment de réduire la consommation de produits à base de blé à faible valeur nutritionnelle, comme les biscuits ou certaines céréales industrielles, et d’encourager une alimentation plus riche en légumineuses.

