Abidjan, 1er avr 2026 (AIP) – Le vice-président de l’ASCAD et président du comité scientifique du Festival universitaire des arts et cultures d’Afrique et d’ailleurs (FUACAA), le professeur Yacouba Konaté, a animé mercredi 1er avril 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, à l’ouverture de la 2e édition de ce festival, une leçon inaugurale autour du thème « Le zouglou, les chemins de la réussite », mettant en lumière la portée sociale, politique et culturelle de ce genre musical né en milieu universitaire ivoirien.
L’enseignant-chercheur a soutenu, devant universitaires, étudiants et acteurs culturels, la thèse selon laquelle les artistes zouglou ont « réussi leur mission », en dépit des contextes parfois complexes dans lesquels ils ont évolué. Pour lui, le zouglou ne se limite pas à une expression artistique, mais constitue un véritable langage social, ancré dans les réalités vécues par les populations.
Revenant sur les origines de ce mouvement dans les années 1990, il a expliqué que le zouglou est né dans un contexte de tensions sociales et politiques au sein des campus universitaires. À travers chants, danses et expressions corporelles, les étudiants ont su transformer leurs frustrations et revendications en une forme d’expression artistique accessible et fédératrice.
Selon le professeur Yacouba Konaté, le succès du zouglou repose notamment sur sa capacité à établir une communication directe avec le public, à travers des codes et un langage issus du vécu quotidien. « L’art engagé est celui qui parle au plus grand nombre, qui exprime les souffrances collectives tout en portant une espérance », a-t-il indiqué, insistant sur le rôle du zouglou comme miroir de la société.
L’universitaire a également souligné que ce genre musical a contribué à dédramatiser des périodes de crise en Côte d’Ivoire, en apportant une dimension de joie et de résilience. Il a, en outre, relevé que le zouglou s’inscrit dans une dynamique plus large de production culturelle ayant permis à Abidjan de s’imposer comme une capitale majeure des musiques africaines.
Évoquant la notion d’engagement, il a rappelé que l’artiste, à l’instar de l’intellectuel, est appelé à prendre position face aux injustices sociales, en se faisant la voix des couches les plus vulnérables. Dans cette perspective, souligne le professeur Yacouba Konaté, le zouglou apparaît comme une forme d’art profondément enracinée dans la réalité sociale, portée par une langue populaire et des récits inspirés du quotidien.
Pour le conférencier, cette musique constitue ainsi « une école de vie » et un modèle de réussite fondé sur la créativité, la résilience et l’ancrage communautaire. Il a exhorté les étudiants à s’inspirer de cet héritage pour construire des trajectoires personnelles et collectives porteuses de sens.
Cette leçon inaugurale s’inscrit dans le cadre des activités scientifiques du FUACAA 2026, qui ambitionne de promouvoir un dialogue fécond entre arts, cultures et engagement social en Afrique.
(AIP)
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