Abidjan, 10 avr 2026 (AIP) – Les participants au dialogue consultatif sur la nouvelle architecture financière africaine (NAFAD) ont adopté, jeudi 9 avril 2026 à Abidjan, le “Consensus d’Abidjan”, un document stratégique majeur visant à refonder les mécanismes de mobilisation et d’allocation du capital sur le continent africain.
Réunis sous le haut patronage du président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, les participants ont exprimé leur engagement en faveur d’une nouvelle architecture financière africaine fondée sur les principes de subsidiarité, de complémentarité, de coordination et de transformation du risque.
Le consensus adopté appelle à une meilleure mobilisation de l’épargne intérieure africaine afin de l’orienter vers des investissements productifs sur le continent, grâce à des instruments financiers coordonnés, des mécanismes de rehaussement du crédit et des infrastructures de marché renforcées.
Les participants ont également souligné la nécessité de mettre en place une architecture continentale de partage des risques et de garantie, destinée à réduire le coût du capital, à attirer davantage d’investissements privés et institutionnels, et à limiter la dépendance de l’Afrique à la perception extérieure du risque.
Dans cette dynamique, ils ont plaidé pour un approfondissement et une intégration accrue des marchés de capitaux africains, notamment à travers l’harmonisation des cadres réglementaires, le développement des instruments en monnaie locale, l’admission transfrontalière aux marchés et la mise en place de plateformes de titrisation.
Le document met également l’accent sur la création d’emplois, l’entrepreneuriat des jeunes et l’autonomisation des femmes comme priorités centrales de cette nouvelle architecture financière, afin d’accompagner le dividende démographique du continent et de réduire le chômage structurel.
Les participants ont par ailleurs insisté sur la nécessité de financer les grandes priorités de transformation du continent, notamment les systèmes alimentaires, l’énergie, les infrastructures régionales, l’industrialisation, la santé, l’éducation et la transformation numérique.
Ils ont également appelé à renforcer la préparation et la bancabilité des projets à travers des mécanismes coordonnés d’origination, de standardisation et de documentation, afin de faciliter leur financement à grande échelle.
Le consensus souligne en outre le rôle essentiel des gouvernements, des banques centrales et des régulateurs dans l’alignement des politiques et la coordination des réformes nécessaires au développement des marchés financiers africains.
Il prévoit la mise en place d’une architecture de coordination permanente, chargée d’assurer le suivi des engagements, avec un cycle annuel d’évaluation et des mécanismes transparents de suivi des progrès.
Les participants ont également invité les partenaires internationaux et les institutions multilatérales à soutenir cette initiative, dans le respect des priorités africaines et en vue de contribuer à un système financier mondial plus équitable.
Le cadre issu de ces travaux est désormais officiellement désigné sous le nom de NAFAD, mettant l’accent sur la création d’emplois, la transformation structurelle et le bien-être des populations.
Il est demandé à la Banque africaine de développement (BAD) de faciliter le suivi de ce consensus, notamment à travers l’organisation de revues périodiques et la production de rapports sur les progrès réalisés.
(AIP)
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