Abidjan, 30 avr 2026 (AIP)- La réunion ministérielle consacrée à la validation du Plan d’Action Régional de la CEDEAO pour la gestion des plastiques et la promotion de l’économie circulaire s’est ouverte, jeudi 30 avril 2026 à Abidjan, en présence du ministre ivoirien de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, de la Vice-ministre de la Sierra Léone, représentante du Président du Comité des Ministres chargés de l’environnement de la CEDEAO et du commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO, Dr Kalilou Sylla.
Prenant la parole au nom du gouvernement ivoirien, M. Bamba a dressé un tableau alarmant de la pollution plastique, devenue « un défi mondial qui mobilise toute la communauté internationale ». Selon les données de l’OCDE, la production mondiale de plastique a plus que doublé en moins de vingt ans, passant de 204 millions de tonnes en 2000 à 460 millions de tonnes en 2019, avec un taux de recyclage inférieur à 10 %.
En Afrique de l’Ouest, la situation est particulièrement critique, les 17 pays côtiers ont généré près de 6,9 millions de tonnes de déchets plastiques en 2018, soit environ 30 % du total du continent, et 80 % de ces déchets sont mal gérés.
« Les coûts économiques sont considérables », a averti le ministre, citant une étude de la Banque mondiale qui estime entre 10 000 et 30 000 dollars américains le dommage environnemental par tonne de déchets plastiques. Avec une consommation régionale attendue à 12 millions de tonnes en 2026, le préjudice équivaudrait à 120 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB de la Côte d’Ivoire. « L’action n’est plus une option. Chaque jour qui passe compromet l’avenir de nos États et de nos enfants », a-t-il martelé.
M. Bamba a salué le caractère historique de la rencontre, qui marque l’aboutissement d’un processus participatif engagé depuis plusieurs années et traduit la volonté des États membres de dépasser les approches fragmentées pour adopter une stratégie commune fondée sur l’économie circulaire et la responsabilité partagée. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire, qui produit chaque année entre 40 000 et 100 000 tonnes de déchets plastiques, a interdit les sachets à usage unique par décret depuis 2013, adopté une stratégie nationale pour l’économie circulaire en 2024 et lancé des programmes d’éducation et de sensibilisation.
Le ministre a également insisté sur l’application rigoureuse de l’interdiction des plastiques à usage unique, soulignant que ces déchets bouchent les ouvrages d’assainissement et causent des inondations meurtrières. « Cela doit s’arrêter », a-t-il lancé, tout en reconnaissant la complexité de la transition, le secteur plastique représentant environ 10 000 emplois directs et plus de 20 000 emplois informels dans le pays.
Pour le commissaire de la CEDEAO, Dr Kalilou Sylla, l’adoption en décembre 2023 du règlement portant harmonisation des réglementations sur les produits plastiques constitue un jalon majeur. Le plan d’action régional soumis à validation couvre une période de dix ans et s’accompagne de quatre outils opérationnels, notamment un cadre institutionnel renforcé, un plan de mobilisation des parties prenantes, un plan de financement ainsi qu’un dispositif de suivi et d’évaluation.
« Mettre un terme au fléau de la pollution plastique est un défi ambitieux mais réalisable », a déclaré M. Sylla, appelant à une mobilisation des ressources auprès des partenaires multilatéraux et bilatéraux.
Prenant la parole au nom de l’UEMOA, Roland Amadotor, représentant du commissaire chargé de l’agriculture et des ressources en eau, a rappelé que l’Union avait adopté dès 2008 une Politique Commune d’Amélioration de l’Environnement et réalisé en 2012 une étude régionale sur la gestion des déchets plastiques. Il s’est félicité de la collaboration entre les deux commissions (CEDEAO et UEMOA) pour l’élaboration et la validation du plan d’action, et a réaffirmé l’engagement de l’UEMOA à soutenir sa mise en œuvre.
Le ministre Abou Bamba a conclu son discours par quatre messages forts, à savoir la pollution plastique menace écosystèmes, économie, santé publique et vies humaines ; la validation du plan marque un tournant historique pour la CEDEAO ; le décret ivoirien interdisant les plastiques à usage unique sera intégralement appliqué ; et un appel est lancé à l’action collective et inclusive associant secteur privé et tous les acteurs.
Les travaux ministériels doivent aboutir à la validation du plan d’action, qui sera soumis au Parlement de la CEDEAO et au Conseil des ministres prévu en juillet 2026 à Abidjan.
(AIP)
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