Abidjan, 8 mai 2026 (AIP) – Le secrétaire général de l’Alliance syndicale des travailleurs (AST) d’Ericsson Côte d’Ivoire, Francis Koné, a dénoncé, jeudi 7 mai 2026, au siège du Synapostel à Abidjan, des licenciements jugés « abusifs » ainsi que de multiples violations du droit du travail par le management local de l’entreprise.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, M. Koné a indiqué que depuis près de cinq ans, les travailleurs sont engagés dans des discussions avec l’employeur au sujet de plusieurs irrégularités, notamment un traitement salarial inéquitable.
« Une partie des employés bénéficiait d’un treizième mois, tandis qu’une autre en était privée », a-t-il expliqué, précisant qu’après deux années de négociations et une saisine de la justice, l’entreprise avait fini par étendre cet avantage à l’ensemble du personnel.
Toutefois, selon lui, d’autres dysfonctionnements persistent, notamment des ponctions salariales injustifiées. Un audit réalisé par le cabinet EY aurait, d’après le syndicat, confirmé des manquements aux dispositions légales. Un protocole d’accord signé en 2023 devant le tribunal pour corriger ces anomalies resterait, à ce jour, non appliqué.
Parallèlement, l’entreprise a engagé une procédure de licenciement pour motifs économiques concernant 11 travailleurs. Le syndicat conteste la régularité de cette procédure, affirmant ne pas avoir été associé à la définition des critères de sélection, comme l’exige la législation.
M. Koné a également relevé que trois délégués syndicaux figurent parmi les personnes concernées, dénonçant une « discrimination syndicale ». Il a rappelé que le licenciement de représentants du personnel requiert l’autorisation préalable de l’inspection du travail.
Contestant le motif économique avancé, Francis Koné a évoqué une situation financière « stable, voire positive » de l’entreprise, avec des bénéfices estimés à plus de 2,5 milliards de FCFA et des contrats récents évalués à près de 13 milliards de FCFA. Il a également dénoncé des incohérences dans la gestion des ressources humaines, notamment le remplacement de travailleurs expérimentés par des profils moins qualifiés ou le transfert de certains postes à l’étranger.
Le secrétaire général du SYNAPOSTEL, Ahoké Arsène, a insisté sur la nécessité de mettre en place un socle social afin de prévenir les conflits. Il a déploré le refus de l’employeur d’ouvrir un dialogue constructif, estimant que « les décisions étaient déjà prises » et que la procédure de restructuration servait de « prétexte ».
« Ce que nous dénonçons, ce n’est pas seulement la restructuration, mais surtout la procédure qui ne respecte pas les textes en vigueur », a-t-il souligné.
Face à cette situation, les travailleurs exigent l’arrêt des licenciements en cours, le respect des accords signés et l’ouverture d’un dialogue inclusif. Une grève de 48 heures a été décrétée pour contraindre l’employeur à engager des discussions.
Ils dénoncent par ailleurs, le non-respect des décisions du Conseil national du dialogue social (CNDS), dont l’avis défavorable, selon eux, confirme le caractère abusif des licenciements. Ils disent avoir saisi la direction internationale du groupe et appellent à un alignement des conditions de travail sur celles appliquées dans d’autres filiales, notamment au Sénégal.
Contactée par l’AIP vendredi 8 mai 2026, l’entreprise spécialisée dans les services et solutions télécoms a indiqué qu’elle se réservait le droit d’apporter une réponse ultérieure.
(AIP)
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