Bouaké, 09 mai 2026 (AIP)- Le département d’Anthropologie et de Sociologie de Université Alassane Ouattara (UAO), en collaboration avec L’Arche international Bouaké, a organisé vendredi 08 mai 2026, à l’amphithéâtre C du campus 2, un panel de haut niveau sur le thème : « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social ».
Cette activité, à sa deuxième édition, a réuni des enseignants-chercheurs, des professionnels de la santé, des responsables administratifs, des étudiants ainsi que plusieurs organisations engagées dans la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap.
Le chef du département d’Anthropologie et de Sociologie de l’UAO, Dr Brahima Coulibaly, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans la dynamique du système Licence-Master-Doctorat (LMD), qui recommande une articulation entre les enseignements théoriques et les réalités du terrain à travers des partenariats institutionnels.
Selon lui, ce panel trouve son origine dans une étude réalisée en 2017 avec ses étudiants au sein de la communauté de L’Arche Bouaké. Il a expliqué que cette recherche leur a permis de découvrir les capacités et le potentiel des personnes vivant avec un handicap mental ou psychique.
« Beaucoup de personnes ignorent les capacités des personnes vivant avec un handicap. Lors de notre étude à L’Arche, nous avons constaté qu’elles participent à plusieurs activités, suivent des formations et développent des compétences dans différents ateliers. Cette expérience a renforcé notre collaboration avec cette communauté », a déclaré Dr Brahima Coulibaly.
Le directeur de L’Arche Bouaké, Célestin N’Goran Koffi, a, pour sa part, indiqué que l’organisation de ce panel vise à renforcer la sensibilisation autour de la question de l’inclusion sociale.
Selon lui, l’inclusion ne doit pas se limiter à des discours mais se traduire par des actes concrets permettant aux personnes handicapées d’être acceptées et impliquées dans toutes les activités de la société.
« Une société inclusive doit permettre à chaque personne d’être acceptée telle qu’elle est, de travailler, d’apprendre et de participer pleinement à la vie communautaire », a-t-il affirmé.
Le directeur de L’Arche Bouaké a également relevé l’insuffisance de l’accompagnement institutionnel en faveur des structures prenant en charge les personnes vivant avec un handicap. Il a sollicité un appui accru des autorités en charge de la protection sociale, notamment en personnel qualifié comme les éducateurs spécialisés et les maîtres éducateurs.
Intervenant au cours du panel, le directeur de l’hôpital psychiatrique de Bouaké, Dr François Djo Bi Djo, a présenté les différentes formes de handicap, notamment le handicap moteur, sensoriel, psychique et mental.
Il a précisé que les échanges de ce panel étaient principalement consacrés aux handicaps mental et psychique, estimant que les personnes concernées demeurent confrontées à des situations de marginalisation et de discrimination.
Le médecin-psychiatre a indiqué que certaines perceptions sociales assimilent encore ces handicaps à des pratiques mystiques ou à la sorcellerie, ce qui constitue un frein à leur prise en charge médicale et à leur intégration sociale.
« En tant que structure sanitaire publique, notre rôle est d’accompagner les initiatives de sensibilisation afin d’amener les populations à changer leur regard sur les personnes vivant avec une déficience mentale ou psychique », a-t-il expliqué.
Dr François Djo Bi Djo a également apporté des précisions sur les notions de handicap psychique et de handicap mental. Selon lui, le handicap psychique concerne une personne ayant disposé de capacités intellectuelles normales avant de développer des troubles psychiques au cours de sa vie.
Concernant le handicap mental, il a indiqué qu’il se caractérise par une diminution des capacités intellectuelles et du développement cognitif, citant notamment l’autisme et les troubles du développement intellectuel.
Il a soutenu que les personnes vivant avec un handicap, quel qu’il soit, peuvent bénéficier d’une prise en charge adaptée permettant d’améliorer leurs conditions de vie, de favoriser leur autonomie et leur insertion dans la société.
Trois sous-thèmes ont été développés par les panélistes au cours de cette rencontre. Le premier, intitulé « Contribution des personnes en situation de handicap mental dans la société pour une inclusion sociale plus effective », a été présenté par Sib Gotouré, directeur régional de l’Emploi et de la Protection sociale de Gbêkê.
Le deuxième sous-thème, « Santé mentale, handicap mental et maladie mentale : quelle prise en charge en milieu universitaire ? », a été développé par Dr François Djo Bi Djo.
Le troisième sous-thème, « Imaginaires socioreligieux du handicap mental et capacités des personnes vivant avec un handicap mental : vers un changement de paradigme », a été animé par Dr Patrice Kouadio N’Dri.
Ce panel a bénéficié de l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et de plusieurs organisations, notamment Eburnie Dev’Parteners, Vivre debout, Special Olympics Côte d’Ivoire et Réseau africain pour la promotion de la paix, la culture, l’éducation et santé-Côte d’Ivoire (RAPPCES-CI).
(AIP)
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