Abidjan, 22 juil 2026 (AIP) – La deuxième édition du colloque international CAP’AFRICA s’est ouverte mardi 21 juillet 2026 à l’Unité de formation et de recherche (UFR) d’Odonto-stomatologie de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, avec un plaidoyer des universitaires, chercheurs et décideurs en faveur d’un modèle de développement pensé à partir des réalités, des ressources et des ambitions propres au continent africain.
Placée sous le thème « Voie(x) d’Afrique : enjeux et perspectives », cette rencontre scientifique réunit, pendant trois jours, des experts issus de plusieurs pays africains autour de réflexions portant notamment sur la gouvernance, la souveraineté, le développement économique, la transition énergétique, l’intégration régionale et les dynamiques géopolitiques. Les travaux visent à dégager des recommandations susceptibles d’éclairer les politiques publiques et d’alimenter les stratégies de développement du continent.
Ouvrant les assises, le président de la Fondation CAP Africa et président du comité d’organisation, Dr Philippe Ibitowa, a présenté le colloque comme un espace de réflexion stratégique destiné à permettre aux Africains de construire eux-mêmes les réponses aux défis auxquels le continent est confronté.
« L’Afrique doit se redéterminer pour apporter des solutions innovantes adaptées à ses réalités et à sa sociologie », a-t-il déclaré, soulignant que les échanges portent sur des problématiques économiques, politiques, sociales, culturelles, philosophiques et énergétiques qui conditionnent l’avenir du continent.
Selon lui, la Fondation CAP Africa œuvre également à promouvoir une nouvelle perception de l’Afrique sur la scène internationale.
« Nous voulons déconstruire les représentations qui présentent l’Afrique comme un continent sans avenir afin qu’elle soit perçue comme un partenaire crédible et attractif pour son propre développement », a affirmé le Dr Ibitowa.
Prononçant la conférence inaugurale, le président du comité scientifique, le professeur émérite d’histoire des relations internationales, Simon-Pierre Ekanza, a soutenu que l’Afrique dispose désormais des capacités humaines, intellectuelles et scientifiques nécessaires pour impulser son développement.
« Nous devons prendre notre destin en main. Nous avons les capacités intellectuelles pour transformer nos ressources et créer davantage de richesses sur le continent », a-t-il indiqué, estimant que les importantes ressources naturelles, le dynamisme démographique et le poids diplomatique croissant de l’Afrique constituent des atouts majeurs pour son émergence.
Représentant le président de l’université Félix Houphouët-Boigny, le vice-président chargé de la planification, de la coopération et des relations extérieures, le Pr Dion Yodé Simplice, a exhorté la communauté scientifique à produire des connaissances directement utiles aux politiques publiques africaines.
« L’Afrique ne peut plus se contenter de consommer des théories fabriquées ailleurs. Nos centres d’excellence doivent devenir les laboratoires des solutions africaines aux défis mondiaux », a-t-il déclaré.
Les communications scientifiques prévues au cours de cette deuxième édition porteront notamment sur les effets des crises internationales sur les économies africaines, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’Agenda 2063 de l’Union africaine, les questions de souveraineté, ainsi que les perspectives d’une Afrique plus intégrée, résiliente et prospère.
À travers cette plateforme d’échanges, les organisateurs entendent faire de CAP’AFRICA un cadre permanent de réflexion stratégique, de production d’idées et de dialogue entre universités, centres de recherche, institutions publiques et acteurs du développement, afin d’accompagner l’émergence de solutions conçues par les Africains pour répondre aux défis du continent.
(AIP)
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