Abidjan, 28 juil 2026 (AIP) – L’Action pour la protection des droits de l’homme en Côte d’Ivoire (APDH) a plaidé pour un renforcement de la réponse pénale face à la recrudescence des crimes violents, estimant que la lutte contre l’insécurité doit s’appuyer sur une justice efficace et la fin de l’impunité et non le rétablissement de la peine de mort.
Dans une déclaration publiée à la suite du verdict rendu le 23 juillet par le Tribunal de première instance d’Abidjan dans l’affaire du meurtre d’un jeune livreur à Cocody, l’organisation de défense des droits humains a salué la condamnation des auteurs à la réclusion criminelle à perpétuité, l’une des sanctions les plus sévères prévues par la législation ivoirienne.
L’APDH présente ses condoléances à la famille de la victime et exprime sa solidarité à l’endroit de toutes les personnes touchées par l’insécurité, relevant que ce drame intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des assassinats, des braquages, des enlèvements et d’autres actes de violence criminelle, relève le texte parvenu lundi 27 juillet 2026 à l’AIP.
Tout en reconnaissant que cette situation alimente des appels au rétablissement de la peine capitale, l’organisation estime qu’un État de droit ne saurait orienter sa politique pénale sous le coup de l’émotion.
Selon l’APDH, les études disponibles ne démontrent pas que la peine de mort constitue un moyen plus efficace que la réclusion criminelle à perpétuité pour prévenir les crimes les plus graves. Elle soutient que la véritable dissuasion repose sur la certitude pour les auteurs d’infractions d’être identifiés, arrêtés, jugés et effectivement condamnés.
L’organisation appelle ainsi les pouvoirs publics à renforcer l’ensemble de la chaîne pénale, notamment les capacités d’enquête des forces de sécurité, la police scientifique, les moyens de renseignement, la célérité des procédures judiciaires, l’exécution effective des décisions de justice ainsi que la lutte contre l’impunité.
Elle rappelle que la peine de mort est une sanction irréversible et qu’aucun système judiciaire n’est à l’abri d’une erreur, tout en soulignant que, dans plusieurs pays, des condamnés à mort ont été innocentés grâce à de nouvelles preuves ou aux progrès des techniques scientifiques.
Pour l’APDH, l’abolition de la peine capitale traduit le choix de la Côte d’Ivoire de placer le respect du droit à la vie au cœur de son système juridique, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du pays. Elle considère que cette orientation n’exclut nullement une répression rigoureuse des crimes les plus graves.
L’organisation préconise, par ailleurs, une approche globale de lutte contre l’insécurité, articulée autour de la prévention, du renforcement de l’éducation, de l’encadrement de la jeunesse, de la lutte contre les drogues, de la création d’opportunités d’emploi, de la prise en charge de la santé mentale, du contrôle des armes et du développement d’une police de proximité.
« La sécurité ne s’obtient pas en multipliant les exécutions, mais en mettant fin à l’impunité », affirme l’APDH, qui invite les autorités, les responsables politiques, les leaders religieux et communautaires, les médias ainsi que les citoyens à privilégier des discours de responsabilité et d’apaisement face à la montée des violences.
Réaffirmant son engagement en faveur des droits humains, l’APDH appelle l’ensemble des institutions de la République à unir leurs efforts pour bâtir une Côte d’Ivoire plus sûre, plus juste et plus respectueuse de la dignité humaine.
(AIP)
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