Abidjan, 19 juin 2025 (AIP) – La Côte d’Ivoire a été distinguée du prix de l’Émetteur le plus impressionnant d’Afrique, lors de l’édition 2025 des GlobalCapital Awards, une reconnaissance internationale qui consacre la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays et l’efficacité de sa stratégie de financement sur les marchés, rapporte un communiqué transmis jeudi 19 juin 2025 à l’AIP.
Ce prestigieux prix vient également couronner les efforts remarqués du directeur du Bureau de gestion de la dette (DGF), M. Lanciné Diaby, qui a été salué en tant que Responsable du financement le plus impressionnant d’Afrique, pour son expertise dans la conduite de la politique d’endettement du pays.
Interrogé sur les ressorts de cette performance remarquable, M. Diaby a tenu à saluer l’engagement collectif ayant permis cette distinction. « Ce succès témoigne de l’immense abnégation et de l’engagement de toute l’équipe du ministère des Finances et du Budget », a-t-il déclaré.
La reconnaissance internationale s’inscrit dans un contexte où la Côte d’Ivoire a su faire preuve d’innovation et de résilience face à un environnement économique complexe. Le pays a notamment réouvert le marché obligataire international africain en janvier 2024, après deux ans d’absence, à travers un accord en deux tranches d’un montant de 2,6 milliards de dollars, assorti d’un swap de devises et un exercice de gestion du passif.
Cette opération a permis un refinancement ciblé de plusieurs instruments de dette privée, soigneusement sélectionnés, illustrant la rigueur et la précision de la gestion des risques par la DGF. Une des tranches de cette émission constitue d’ailleurs la première et unique euro-obligation souveraine labellisée ESG émise en Afrique subsaharienne, positionnant la Côte d’Ivoire comme un acteur de premier plan en matière d’innovation et de finance durable.
La capacité du pays à conjuguer innovation et prudence dans sa gestion financière a été un facteur clé de sa réussite. En mars 2025, la Côte d’Ivoire, pays de 30 millions d’habitants a procédé à une nouvelle émission en deux tranches, dont une en monnaie locale équivalente à 335 millions d’euros. Une première sur le continent africain, rendue possible grâce à la prise en charge du risque de change en francs CFA par des investisseurs de renom comme T. Rowe Price et Abu Dhabi Investment Authority.
Cette dynamique s’est également illustrée sur le plan multilatéral. Fin 2024, la Banque mondiale a approuvé un produit de garantie de crédit partielle de 500 millions d’euros, permettant à la Côte d’Ivoire de structurer le premier échange de dette contre développement au monde. Ce mécanisme a permis de mobiliser un prêt structuré de 400 millions d’euros, destiné à la gestion du passif dont 60 millions d’euros seront réinvestis dans des projets d’éducation.
Pour M. Diaby, ces performances sont le fruit d’une vision stratégique claire impulsée au sommet de l’État. « Ma plus grande fierté a été de réunir une équipe pluridisciplinaire compétente, réunissant un mélange stimulant de fonctionnaires chevronnés et d’anciens professionnels expérimentés de la finance du secteur privé », a-t-il confié, saluant la direction pragmatique du Président de la République, Alassane Ouattara, qui a conduit à la réforme du Bureau de gestion de la dette en 2023.
À l’avenir, le pays entend continuer à capitaliser sur ses perspectives macroéconomiques positives et son approche innovante de gestion de la dette pour faire avancer son programme visant à obtenir une note de qualité « investment grade » dans les prochaines années.
« Nous sommes désormais à deux crans seulement de la note « investment grade », a déclaré M. Diaby. « Obtenir une note plus élevée est assurément l’une de nos ambitions à la DGF. », a-t-il ajouté.
Avec cette distinction, la Côte d’Ivoire rejoint le cercle fermé des grandes institutions financières et souveraines primées par GlobalCapital, aux côtés du Fonds d’investissement public saoudien, de la First Abu Dhabi Bank, de Goldman Sachs, Barclays, BlackRock et Moody’s.
Cette reconnaissance internationale vient consacrer les réformes engagées par le pays en matière de gestion de la dette, tout en soulignant sa volonté d’élargir les frontières de la finance souveraine sur le continent.
(AIP)
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