Yamoussoukro, 10 sept 2026 (AIP) – Les acteurs de la filière semencière ivoirienne participent depuis mercredi 9 septembre 2026 à Yamoussoukro à un atelier de concertation visant à définir des actions concrètes pour redynamiser la production de semences de riz et contribuer à la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Cette rencontre, initiée à la demande du ministère en charge de l’Agriculture, notamment du ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et des Productions vivrières, chargé de la Production vivrière, bénéficie de l’accompagnement du projet Reward Côte d’Ivoire, financé par la Banque africaine de développement (BAD).
Conseiller technique du ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et des Productions vivrières, Dr Robert Guéi, a relevé que la question de la disponibilité des semences de riz demeure un défi majeur pour la Côte d’Ivoire, qui ne produit pas encore suffisamment de semences pour couvrir les besoins de sa riziculture.
« Les importations augmentent d’année en année », a-t-il souligné, estimant que la question des semences doit être placée au cœur des efforts visant à atteindre la souveraineté rizicole et alimentaire.
Dr Guéi a appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs, notamment les secteurs public et privé, les producteurs, les entreprises semencières et les structures de recherche, afin de mettre en œuvre des actions concrètes permettant à la Côte d’Ivoire de produire suffisamment de semences de riz dans les deux à trois prochaines années.
Selon lui, les difficultés actuelles du secteur trouvent notamment leur origine dans le désengagement de l’État de la production de semences à la suite des politiques d’ajustement structurel. Il a rappelé qu’auparavant, l’Office national des semences assurait la production de semences certifiées, avec notamment des unités mobiles de certification.
Le retrait de l’État, qui n’aurait pas été accompagné de mesures suffisantes, a laissé les producteurs de semences confrontés à plusieurs difficultés, a-t-il expliqué. À cela s’ajoute le fait que de nombreux riziculteurs utilisent une partie de leur propre production comme semences, réduisant ainsi le recours aux semenciers.
Les contraintes logistiques liées au caractère volumineux des semences de riz ainsi que leur prix de vente, jugé peu rémunérateur, constituent également des freins au développement de cette activité. Ces difficultés conduisent certains semenciers à privilégier d’autres cultures, notamment le maïs hybride et les cultures maraîchères.
Dr Robert Guéi a ainsi plaidé pour un soutien accru de l’État aux producteurs de semences, à travers des investissements et une politique semencière adaptée, citant les expériences de pays comme le Brésil, le Vietnam, l’Inde, le Nigeria et le Sénégal.
Il a notamment souhaité que les ressources consacrées chaque année aux importations de riz soient davantage orientées vers la production locale de semences et de riz, afin de renforcer l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire du pays.
Coordonnateur adjoint chargé des opérations techniques du projet Reward Côte d’Ivoire, Brou Jérémy Kouadio, a souligné l’importance de la question des semences dans l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire visée par le projet.
Il a expliqué que l’atelier réunit l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de valeur semencière, notamment l’administration, les structures spécialisées, les firmes semencières, les entreprises d’importation, les organisations accompagnant les producteurs et les coopératives chargées de la production de semences.
Les travaux portent notamment sur la gouvernance et la réglementation, la production et la commercialisation des semences. Une commission transversale est également chargée de renforcer les capacités et de fournir les informations nécessaires aux autres commissions.
Les participants s’appuient par ailleurs sur des expériences étrangères afin d’identifier les meilleures pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte ivoirien, avec l’appui d’AfricaRice, organisme de recherche spécialisé dans le riz.
Les travaux, qui vont durer trois jours, doivent aboutir à des recommandations et à des actions concrètes destinées à renforcer durablement la filière semencière ivoirienne.
(AIP)
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