Danané, 10 sept 2026 (AIP)-Les difficultés du trafic entre Danané et Gbeunta, à la frontière avec le Liberia, relancent la demande de bitumage de cet axe de 27 km.
Le constat a été fait, samedi 5 septembre 2026, par l’AIP à Danané. En raison de l’état de la voie principale, elle a emprunté un itinéraire de contournement passant par Sin Houyé et Glan Houyé Déhé pour rejoindre Gbeunta.
Sur la route, les nids-de-poule, les fossés creusés par les eaux de pluie et les ouvrages en dégradation ralentissent la circulation. Les 27 km séparant Danané de Gbeunta peuvent être parcourus en trois à quatre heures.
Un camion remorque de 30 tonnes transportant des couches pour bébés a passé plus d’un mois immobilisé sur une côte, selon son transporteur ghanéen, Adjaplé Apoliclis. La panne a entraîné la remise du contrat à un autre opérateur et une perte sur le montant du transport.
« On a donné le contrat à un autre opérateur et on a perdu la moitié de notre argent », a-t-il expliqué, avant de demander à l’État d’intervenir sur la route.
À Gbeunta, le chef de tribu, Ouehi Koua Hilaire, fait état des difficultés des populations qui vivent de part et d’autre de cette frontière. « Si votre voix peut arriver chez les autorités, parlez-leur de nos souffrances, nous voulons que le bitumage soit enfin réalisé », a-t-il déclaré.
Le mauvais état de la voie touche aussi les activités locales. Chauffeur de camion de dix roues, Diomandé Ismaël parcourt cet axe pour transporter du gravier concassé. « La route n’est pas longue mais on peut passer trois à quatre heures de temps », souligne-t-il.
Les motocyclistes sont confrontés aux mêmes difficultés. Gonlegbé Joël, conducteur de moto-taxi, affirme que les chutes sont fréquentes sur la voie et demande son aménagement.
Pour les opérateurs économiques, l’enjeu concerne aussi les échanges entre la Côte d’Ivoire et le Liberia. Diomandé Lancine, opérateur dans l’import-export, estime que l’amélioration de la route favoriserait le trafic et les recettes de l’État.
« Si la route est bonne, les gens viennent beaucoup et l’État va gagner. Si la route est gâtée, l’État va perdre », soutient-il.
L’axe Danané-Gbeunta dessert 18 villages des cantons Zaleu et Kpeuleu. Son bitumage est annoncé depuis plusieurs années, sans démarrage des travaux.
Cette situation pèse sur les échanges avec le Liberia. Les transporteurs mettent plus de temps pour acheminer les marchandises, tandis que les pannes et les accidents augmentent les charges liées au transport.
Le camion-remorque immobilisé sur le trajet en est une illustration. Après plus d’un mois de panne, son transporteur a dû céder le contrat à un autre opérateur, entraînant une perte sur ses recettes.
Le chef de tribu Ouehi Koua Hilaire à Gbeunta porte la demande des populations auprès des autorités, souhaitant voir le projet de bitumage aboutir afin de faciliter leurs déplacements et les échanges à la frontière.
L’axe Danané-Gbeunta reste ainsi attendu par les populations, les transporteurs et les opérateurs économiques qui demandent le démarrage des travaux annoncés.
(AIP)
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