Abidjan, 11 sept 2026 (AIP) – Un atelier national de validation du rapport préliminaire d’évaluation du cadre juridique de l’aquaculture en Côte d’Ivoire s’est tenu, jeudi 10 et vendredi 11 septembre 2026 à Abidjan, à l’initiative du ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à travers le programme de développement durable des chaînes de valeur de la pêche et de l’aquaculture (FISH4ACP).
Le programme FISH4ACP, initié par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), est mis en œuvre par la FAO grâce à un financement de l’Union européenne et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). En Côte d’Ivoire, il soutient la chaîne de valeur du tilapia d’élevage.
La rencontre, qui a réuni les acteurs de la filière, des experts juristes ainsi que les représentants des ministères concernés par le secteur aquacole, a permis d’examiner et de valider le rapport d’évaluation du cadre juridique de l’aquaculture à travers une analyse participative des résultats de l’outil ALART (Aquaculture Legal Assessment and Revision Tool).
L’administratrice du programme FISH4ACP à la FAO, Djiré Fougnigué, a précisé que cet appui vise à accompagner le gouvernement ivoirien dans la mise en place d’un cadre législatif adéquat, susceptible de renforcer la compétitivité et l’attractivité du secteur et de contribuer à l’autosuffisance du pays en ressources halieutiques. Elle a réitéré l’engagement de la FAO à poursuivre son accompagnement du gouvernement ivoirien dans l’atteinte de ses objectifs nationaux en matière de ressources halieutiques.
Le président du conseil d’administration (PCA) de l’Interprofession aquacole de Côte d’Ivoire (INTERAQUA), Maurice Sawadogo (Salif), a salué l’initiative, relevant les insuffisances de l’actuel cadre juridique et la nécessité de réviser certains textes, dont plusieurs remontent à 1960 et ne sont plus adaptés aux réalités d’une filière désormais structurée et en pleine évolution.
Il a préconisé la révision des dispositions relatives aux permis d’installation, notamment pour les acteurs présents depuis plus de 30 ans, ainsi que la clarification des conditions d’aménagement des cages flottantes et des étangs, afin de sécuriser la filière et de rassurer les investisseurs et les établissements bancaires.

Au nom du ministre des Ressources animales et halieutiques, la conseillère technique, Fadiga Haïda Kaly, a souligné que la production aquacole enregistre une croissance annuelle moyenne de plus de 17% depuis 2019, dont plus de 91% provient du tilapia, tandis que chaque Ivoirien consomme en moyenne 24 kg de poisson par an, contraignant le pays à importer plus de 734 000 tonnes en 2024, pour 521 milliards FCFA.
Elle précisé que l’ambition, dans le cadre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA) 2022-2026, de porter de 20% à 65% à l’horizon 2030 la couverture des besoins nationaux en poisson par la production locale.
Pour relever ce défi, Mme Fadiga a relevé que l’harmonisation du cadre juridique de l’aquaculture permettra de favoriser une réforme adaptée, sécurisée et propice au développement de la filière. Le secteur aquacole regroupe plus de 4 500 acteurs, pour une production annuelle de 15 000 tonnes.
(AIP)
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