Aboisso, 27 juil 2026 (AIP) – Les membres de la Convergence globale des luttes pour la terre, l’eau et les semences paysannes ont appelé, samedi 25 juillet 2026 à Ayénouan, dans la sous-préfecture d’Adaou (département d’Aboisso), à une mobilisation accrue des États, des communautés et des organisations paysannes pour protéger le foncier rural, les ressources en eau et les semences traditionnelles, présentés comme des leviers essentiels de la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest.
Cette étape ivoirienne de la caravane ouest-africaine préparatoire au Forum social mondial de Cotonou 2026 a réuni des délégations du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Guinée-Bissau, de la France, ainsi que plusieurs organisations paysannes ivoiriennes autour des enjeux liés à la gouvernance des ressources naturelles.
Les participants ont examiné les défis auxquels sont confrontées les communautés rurales, notamment l’accaparement des terres, l’expansion des monocultures, les conséquences de l’orpaillage sur les activités agricoles, la préservation des semences paysannes et la sécurisation du foncier rural.
Le porte-parole de la Convergence, Massa Koné, a souligné que la préservation des terres agricoles, de l’eau et des semences constitue une condition indispensable à la pérennité de l’agriculture familiale et à la sécurité alimentaire des populations.
« Sans terres, sans eau et sans semences paysannes, il ne peut y avoir d’agriculture familiale forte ni de souveraineté alimentaire. Il est donc impératif d’unir nos forces pour protéger ces biens communs », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur de la Convergence, Ardo Sow, a indiqué que le mouvement entend poursuivre son action à travers la sensibilisation des communautés rurales et le plaidoyer auprès des pouvoirs publics afin de promouvoir des politiques garantissant un accès équitable, durable et inclusif aux ressources naturelles.
Représentant le préfet de région, préfet du département d’Aboisso, le sous-préfet d’Adaou, Camara Zara, a salué une initiative jugée en adéquation avec les défis actuels liés à la pression croissante exercée sur les terres agricoles.
Mme Camara Zara a estimé que le thème de cette cinquième caravane, « Accaparement des terres, monocultures et orpaillage : quelle sécurité foncière pour l’agriculture familiale ? », interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de préserver le foncier rural afin de garantir aux exploitations familiales des conditions durables de production.
Mme Camara a également exprimé le souhait que les travaux du Forum social mondial, prévu du 4 au 8 août à Cotonou, débouchent sur des recommandations fortes en faveur d’une meilleure protection des terres, des ressources en eau, des semences paysannes et des droits des communautés rurales.
Selon les organisateurs, cette caravane qui s’inscrit dans la dynamique de la cinquième édition de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau en Afrique de l’Ouest, vise à renforcer les capacités des communautés, promouvoir l’agroécologie paysanne, préserver les semences traditionnelles et fédérer les acteurs autour de la défense de la souveraineté alimentaire.
À l’issue de cette étape, des documents de plaidoyer seront transmis aux autorités afin de promouvoir une gouvernance foncière plus responsable et une gestion durable des ressources naturelles. La caravane poursuivra son parcours au Ghana avant de converger vers le Forum social mondial de Cotonou.
(AIP)
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