Abidjan, 29 juin 2026 (AIP) – Gants aux mains, sacs de collecte en bandoulière, une cinquantaine de collaborateurs d’Entrepreneurial Solutions Partners (ESP) sillonnent, ce vendredi matin, les sentiers verdoyants du parc national du Banco. Dans ce poumon vert d’Abidjan, chaque bouteille plastique ramassée est perçue non comme un simple déchet, mais comme une ressource susceptible de contribuer à la lutte contre le changement climatique.
À l’initiative d’ESP, cabinet panafricain spécialisé dans la création de valeur durable, cette première édition d’« ESP Green Roots » dépasse le cadre d’un simple exercice de cohésion d’équipe. L’objectif est clair : démontrer que le secteur privé peut jouer un rôle moteur dans la protection de l’environnement et la promotion du développement durable.
Une opération citoyenne au cœur du poumon vert d’Abidjan
Dans cette forêt primaire urbaine de 3 400 hectares, considérée comme la deuxième plus grande au monde après celle de Tijuca, au Brésil, les participants découvrent une réalité contrastée. D’un côté, un écosystème indispensable à l’équilibre climatique d’Abidjan ; de l’autre, des bouteilles, sachets plastiques et emballages abandonnés par des visiteurs peu soucieux de préserver ce patrimoine naturel.
« La nature n’a pas été créée avec les déchets ; ce sont les hommes qui les ont apportés. C’est donc à nous de faire en sorte qu’elle reste propre », affirme l’analyste financière senior à ESP, Claire Emmanuelle Tieffi, tout en remplissant son sac de bouteilles plastiques.
Pour elle, la protection de l’environnement commence par les gestes du quotidien.
« Trier ses déchets, les déposer dans les bons circuits et éviter de les jeter dans la nature sont des réflexes que chacun doit adopter », insiste-t-elle.
Du déchet plastique au pavé écologique : l’économie circulaire en action
Mais ici, les déchets ne sont pas destinés à finir en décharge. Une fois collectés, ils prennent la direction des installations de l’entreprise Univalplast Africa, spécialisée dans la valorisation des déchets plastiques.
Son gérant, Bamba Mamadou, explique que presque toutes les catégories de plastiques peuvent être recyclées.
« Nous collectons les bouteilles en PET, les bidons en HDPE, les tuyaux en PVC ainsi que les sachets plastiques. Après le tri, les déchets sont broyés ou compactés avant d’être transformés », précise-t-il.
Le principal produit issu de cette transformation est le pavé écologique, utilisé pour les cours, trottoirs et espaces résidentiels. L’entreprise expérimente également la fabrication de matériaux destinés à la construction de logements et d’écoles.
« Lorsque nous expliquons aux clients que ces pavés proviennent de déchets plastiques, ils sont agréablement surpris. La demande existe, mais notre principal défi reste d’augmenter notre capacité de production », confie M. Bamba.
Créée officiellement en 2023, Univalplast recycle environ 300 tonnes de déchets plastiques chaque année et ambitionne, d’ici à 2030, de traiter 20 % des déchets plastiques produits en Côte d’Ivoire.
Le recyclage, une réponse concrète au changement climatique
Pour le senior manager chargé des questions climatiques chez ESP, William Martin, cette initiative traduit la volonté du secteur privé de devenir un acteur de la transition écologique.
« Nous voulons montrer que les entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la protection de l’environnement. En soutenant des entrepreneurs spécialisés dans le recyclage, nous favorisons une véritable économie circulaire où les déchets deviennent une matière première créatrice de valeur », explique-t-il.
Au-delà de la collecte, les participants ont pris part à un déjeuner « zéro déchet », avant de suivre une séance de sensibilisation animée par Africa Energy Transition Services (AETS) sur le rôle écologique du Parc national du Banco.
Les experts ont rappelé que cette forêt constitue un immense puits de carbone, contribue à la qualité de l’air respiré par les habitants d’Abidjan et participe à la préservation des ressources en eau de la capitale économique.
Le secteur privé mobilisé pour préserver la forêt du Banco
Pour William Martin, la protection du Banco ne peut reposer uniquement sur les pouvoirs publics.
« L’État, les entreprises, les organisations de la société civile et les citoyens ont tous une responsabilité. C’est en unissant nos efforts que nous préserverons ce patrimoine naturel pour les générations futures », souligne-t-il.
À travers cette opération menée en partenariat avec l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), Africa Energy Transition Services (AETS), l’ONG Green Vert et Univalplast Africa, ESP entend faire de l’engagement environnemental une véritable culture d’entreprise.
Au terme de cette matinée, les sacs remplis de déchets plastiques témoignent d’un constat simple : lorsqu’ils sont abandonnés dans la nature, les plastiques dégradent les écosystèmes ; mais une fois collectés et recyclés, ils deviennent des pavés, et demain peut-être des écoles ou des logements.
Une illustration concrète de la manière dont l’économie circulaire transforme un problème environnemental en solution durable, au service de la protection du climat, de la préservation de la biodiversité et du développement durable.
(AIP)
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