Abengourou, 21 août 2026 – Le Système national de traçabilité (SNT) s’impose comme le nouveau socle de la traçabilité du café et du cacao en Côte d’Ivoire, avec son entrée en vigueur prévue le 1er septembre 2026, a annoncé le délégué régional du conseil du café-cacao, Kangouté Yaya , lors d’une rencontre de sensibilisation avec les producteurs, jeudi 20 août 2026 à Abengourou.
Présidée par le secrétaire général 1 de la préfecture, N’Cho David, la rencontre a réuni des producteurs et des responsables de sociétés coopératives. Elle s’inscrit dans une tournée de sensibilisation menée dans plusieurs localités de l’Est, notamment Agnibilékrou, Koun-Fao, Transua, Tanda et Bondoukou.
Le dispositif a été présenté par le point focal Traçabilité du conseil du café-cacao, Manzan Roland.
Selon M. Kangouté, la SNT permettra de suivre le café et le cacao du bord champ jusqu’à l’exportation, tout en renforçant la transparence des transactions, la sécurisation des paiements et la crédibilité du cacao ivoirien sur les marchés internationaux. Le SNT repose sur trois éléments essentiels : la carte du producteur, les terminaux de paiement électronique (TPE) et les scellés de traçabilité.
La carte permet d’identifier respectivement le producteur et d’enregistrer chaque transaction effectuée au bord du champ. Les coopératives et le conseil du café-cacao pourront ainsi suivre les opérations, notamment leur date, leur lieu et leur volume. Dotée d’une puce, elle peut également servir de moyen de paiement et permettre des retraits.
Les TPE permettent d’enregistrer les achats et de garantir l’application du prix bord champ fixé par l’État. Le prix étant intégré dans le terminal, il ne pourra plus être modifié par le délégué. Les reçus manuscrits seront remplacés par des reçus délivrés automatiquement.
Les terminaux seront attribués uniquement aux délégués déclarés sur le système de déclaration des opérations et de reçus en ligne (SYDORE) et disposant de points d’achat géolocalisés.
Les scellés de traçabilité permettront, quant à eux, d’associer chaque lot aux informations du producteur et d’en suivre le parcours jusqu’à l’embarquement. Ils imposent également de vérifier la qualité du cacao avant l’expédition du sac.
Sa mise en œuvre intervient notamment en prévision de l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, des exigences de l’Union européenne. Celles-ci imposent aux pays exportateurs de pouvoir démontrer que leur cacao et leur café ne proviennent ni de zones classées ou de terres problématiques de la déforestation, ni de situations liées au travail des enfants.
Pour y répondre, la Côte d’Ivoire a engagé depuis février 2019 le recensement des producteurs et de leurs vergers. Cette opération a permis d’attribuer à chaque producteur un matricule unique, indispensable à son identification et à la traçabilité du produit. Le système a également fait l’objet de cinq phases pilotes avant son déploiement.
Le Délégué régional du café cacao a rappelé qu’à compter du 1er septembre, tout producteur devra présenter sa carte avant la vente de son cacao. Le délégué enregistrera la transaction sur le TPE à partir du matricule ou du code QR de la carte.
Après validation, le producteur recevra un reçu et un message confirmant la transaction sur son numéro de téléphone associé à la carte.
Il a précisé que cette procédure vise à mettre fin aux achats de gré à gré et aux reçus manuscrits non enregistrés. Quatre modes de paiement sont prévus, dont le paiement intégral sur la carte, le paiement mixte et, temporairement, le paiement en espèces dans les zones confrontées à des difficultés de réseau ou de mobile money.
À terme, l’objectif est de privilégier le versement direct des revenus sur la carte du producteur afin de réduire la circulation des espèces et de sécuriser davantage les transactions.
(AIP)
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