Sikensi, 03 sept 2026 (AIP) – Des producteurs de cacao du département de Sikensi ont exprimé, mercredi 2 septembre 2026, leur déception face à la fixation à 1 200 FCFA du kilogramme de cacao au titre du nouveau prix indicatif, tout en appelant à l’enlèvement de l’ensemble des stocks afin d’éviter une nouvelle crise des invendus.
Lauréat de la délégation régionale du Conseil du café-cacao d’Abidjan, le planteur Kpingré Boni Jean-Claude, producteur à Gomon, a déploré la baisse du prix par rapport aux 2 800 FCFA le kilogramme appliqués lors de la campagne précédente.
Selon lui, un prix compris entre 1 500 et 2 000 FCFA aurait davantage permis aux producteurs de faire face à leurs charges, notamment celles liées à la rentrée scolaire 2026-2027.
M. Kpingré a toutefois appelé les producteurs à accepter la décision gouvernementale et à garder espoir, tout en souhaitant que les dispositions nécessaires soient prises pour assurer l’achat de la totalité de leurs stocks.
« Découragement n’est pas ivoirien. Contentons-nous du nouveau prix. Gardons espoir pour une hausse du prix », a-t-il déclaré.
À Yaobou, dans la sous-préfecture de Gomon, le planteur N’Dja Koffi Barnabé a également plaidé pour une révision du prix à au moins 1 500 FCFA, estimant qu’un prix plus rémunérateur permettrait de mieux soutenir les producteurs et leurs familles.
Des responsables de sociétés coopératives ont, eux aussi, relevé les difficultés auxquelles les producteurs pourraient être confrontés avec le nouveau prix et appelé l’État à renforcer les mesures d’accompagnement de la filière.
Le directeur général de la société coopérative agricole Gnaty Bia de Sikensi (AGBS-SCOOP-CA), Digré Adrien, a indiqué qu’il aurait préféré des prix de 1 500 ou 2 000 FCFA. Il a toutefois insisté sur la nécessité de garantir l’écoulement de la production, afin d’éviter les difficultés rencontrées lors de la campagne précédente.
Selon lui, la crise des stocks invendus avait provoqué des tensions entre les différents acteurs de la filière, notamment entre producteurs et exportateurs.
Le président du conseil d’administration de la SCOAWWASI-COOP-CA, Ram Sawadogo, a, pour sa part, insisté sur le paiement effectif du prix indicatif par le Conseil du café-cacao et l’enlèvement de l’ensemble des stocks disponibles.
« Le prix de 1 200 FCFA est bon à prendre pourvu que les exportateurs puissent acheter le cacao livré et permettent aux planteurs de recevoir leur dû », a-t-il souligné.
Au lendemain de l’annonce du nouveau prix, les producteurs se rendaient progressivement dans les sociétés coopératives de Sikensi pour y livrer leurs produits.
En août, le délégué régional du Conseil du café-cacao d’Abidjan, Bakayoko Inza, avait rassuré les producteurs de Sikensi quant aux dispositions prises par l’État pour qu’aucun producteur ne soit abandonné, quelle que soit la situation.
(AIP)
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