Abidjan, 04 août 2026 (AIP)- Des acteurs du système éducatif ont participé de mardi 28 au jeudi 30 juillet 2026, à Yamoussoukro, à un atelier pour dresser le bilan et envisager les perspectives de l’initiative « Enseignement par itinérance » (EPI) afin de capitaliser les acquis de deux années de mise en œuvre depuis 2024 et de définir les conditions d’une intégration durable de cette innovation dans le système éducatif ivoirien.
Selon une note d’information, l’enseignement par itinérance est une initiative innovante qui rapproche l’école des enfants vivant dans les zones rurales isolées et exclus du système éducatif. Des enseignants titulaires volontaires se déplacent vers ces localités pour offrir des enseignements conformes aux programmes des écoles publiques ainsi qu’aux pratiques pédagogiques en vigueur, notamment le PNAPAS.
Prenant ensuite la parole au nom de la cheffe de la section éducation de l’UNICEF Côte d’Ivoire, le spécialiste éducation, Issa Coulibaly, a rappelé que l’accès universel à l’éducation demeure un défi majeur en Côte d’Ivoire, où près de 2,3 millions d’enfants restent encore hors du système scolaire. Il a salué le courage et le dévouement des enseignants itinérants qui parcourent quotidiennement des zones difficiles d’accès pour rapprocher l’école des enfants les plus vulnérables.
Évoquant la reconnaissance internationale dont bénéficie cette initiative pour son caractère innovant et son approche fondée sur l’équité, il a invité les participants à réfléchir aux perspectives offertes aux premières cohortes d’élèves bénéficiaires ainsi qu’aux conditions d’une extension progressive du modèle vers d’autres régions du pays, tout en tenant compte des spécificités de la Nawa.
De son côté, le directeur régional de Soubré, Diarassouba, a souligné que les résultats de l’initiative ne se résument pas à des statistiques, mais traduisent des parcours d’enfants soustraits à l’exclusion scolaire et au travail des enfants. Estimant que le financement de l’UNICEF est, par nature, limité dans le temps, il a appelé les acteurs nationaux à bâtir les mécanismes permettant d’assurer la pérennité du dispositif.
Il a plaidé pour la reconnaissance du statut des enseignants itinérants, la mobilisation de ressources nationales et l’extension du modèle dans les zones où l’offre éducative demeure insuffisante. Il a également rappelé que la DRENA de Soubré a distingué le meilleur enseignant itinérant lors de ses Journées de l’Excellence, signe de la reconnaissance accordée à ces acteurs de terrain.
Les travaux techniques ont débuté par la présentation du bilan des deux années de mise en œuvre de l’initiative par la chargée de projet à l’UC-PECU, Touré Fofana Yéné, et porteuse du projet. Son exposé a retracé le contexte ayant conduit à la création du projet, les activités déployées sur le terrain, les résultats obtenus au niveau des enfants, des communautés et des institutions, ainsi que les enseignements tirés de cette expérience.
Elle a également mis en lumière les perspectives de développement du dispositif, notamment son extension et son inscription durable dans les politiques éducatives nationales. Au total, 1199 enfants sont touchés par l’enseignement par itinérance dont 174 filles, répartis sur 48 sites rattachés à 17 écoles primaires publiques.
Dans la continuité de cette présentation, les Inspecteurs de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP) de Méagui et de Grand-Zattry ont partagé les résultats enregistrés dans leurs circonscriptions respectives au cours des deux années de mise en œuvre. À travers leurs témoignages, ils ont mis en évidence les avancées observées en matière d’accès à l’éducation, l’adhésion des communautés ainsi que l’engagement des équipes pédagogiques dans la réussite de cette initiative.
La journée s’est poursuivie par la présentation des résultats de l’évaluation des acquis scolaires des élèves de l’enseignement par itinérance par le sous-directeur de la veille et du suivi des programmes au MENAET, Konan Koffi. Son analyse a porté sur les principaux résultats obtenus, les facteurs ayant contribué au succès du projet, les effets de l’initiative sur la protection des enfants et les recommandations prioritaires destinées à renforcer la qualité du dispositif et à accompagner son institutionnalisation.
Cette rencontre a réuni plus d’une trentaine d’acteurs du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique (MENAET), et de l’UNICEF.
(AIP)
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