Arrah, 18 sept 2026 (AIP) – Des producteurs de cacao d’Arrah ont exprimé, jeudi 17 septembre 2026, leur adhésion au mot d’ordre de grève illimitée lancé par le Syndicat national des producteurs de cacao de Côte d’Ivoire (SYNAPCI), évoquant des difficultés de commercialisation, d’endettement et de production.
Planteur de cacao à Arrah, Kablan Koffi a indiqué adhérer au mouvement en raison des difficultés rencontrées depuis la grande campagne 2025-2026, notamment dans la commercialisation de sa production. Il a expliqué que sa récolte, livrée à sa coopérative au prix de 2 800 FCFA le kilogramme, n’a pas encore été entièrement payée, ajoutant que la coopérative lui aurait proposé un règlement à 1 200 FCFA le kilogramme.
M. Kablan a également évoqué les difficultés liées à l’établissement de la carte de producteur, à l’endettement, au coût élevé des intrants, au manque de main-d’œuvre et aux charges liées à la scolarisation de ses enfants. Selon lui, ces contraintes compromettent la rentabilité de l’activité cacaoyère.
Il a appelé les responsables de la filière café-cacao à prendre des mesures en faveur des producteurs et à reconsidérer le prix bord champ fixé à 1 200 FCFA pour la campagne 2026-2027.
Producteur de cacao à Arrah, Kouadio Ferdinand a également déclaré soutenir le mot d’ordre du SYNAPCI. Il a invité les responsables de la filière café-cacao à se pencher sur la situation des producteurs, qu’il estime confrontés à une précarité accrue.
M. Kouadio a déploré la baisse du prix d’achat du cacao, passé de 2 800 à 1 200 FCFA le kilogramme, et appelé à une révision de ce prix afin de permettre aux producteurs de mieux faire face à leurs charges.
Coordonnateur départemental du Syndicat national de la vision nouvelle (SYNAVICI), Ané Koua a, pour sa part, exprimé le soutien de son organisation au mouvement. Il a évoqué la présence de stocks issus de la campagne précédente dans certains entrepôts et soutenu le blocage de la commercialisation du cacao dans le département.
M. Ané a toutefois précisé qu’il n’était pas favorable à la demande de démission du directeur général du Conseil du Café-Cacao. Il a plutôt appelé à une réforme de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) afin d’améliorer l’organisation de la filière.
Président du conseil d’administration d’une coopérative de café-cacao à Arrah, Traoré Abdoulaye a également marqué son accord avec le mouvement. Il a fait état d’une ambiance morose au sein de la coopérative depuis l’annonce du prix de 1 200 FCFA et relevé les difficultés financières de ses adhérents.
Selon lui, le stockage prolongé des fèves de cacao a occasionné à sa structure une perte financière de plus de 70 millions de FCFA. M. Traoré a appelé le Conseil du Café-Cacao à contribuer à l’enlèvement des stocks afin de permettre aux acteurs de reprendre normalement leurs activités.
Il a également déploré les pressions exercées par les établissements bancaires sur les coopératives endettées et souhaité une concertation élargie entre les différents acteurs de la filière.
Le mot d’ordre de grève illimitée des producteurs de cacao a été lancé par le secrétaire national du SYNAPCI, Koné Moussa, lors d’une conférence de presse tenue à Abidjan.
(AIP)
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