Man, 30 juil 2025 (AIP)-À Man, les autorités locales prévoient de renforcer les sanctions contre les fumeurs et les responsables d’établissements qui ne respectent pas l’interdiction de fumer dans les espaces publics, face à la persistance des infractions malgré plusieurs mois de sensibilisation.
« Il faudrait passer à la phase de répression pour que les tenanciers comprennent qu’il s’agit d’une mesure favorable à leur endroit », a déclaré la cheffe de projet au Programme national de lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme (PNLTA), Konan Elodie, lors de la réunion bilan tenue à la préfecture de Man, lundi 28 juillet 2025.
Cette rencontre a permis d’évaluer les activités de sensibilisation et de contrôle réalisées du 22 au 24 février, puis du 23 mai au 25 juillet dans le cadre du projet d’appui à la mise en œuvre de l’interdiction de fumer dans les espaces publics. Le projet est mis en œuvre dans les villes d’Abidjan et de Man.

Les constats présentés ont révélé des résultats contrastés. Si les bars climatisés et boîtes de nuit affichent un taux de respect de plus de 90%, les espaces à ciel ouvert, en particulier les maquis, restaurants et zones de consommation de chicha, présentent un niveau d’observance faible.
En conséquence, les autorités ont proposé plusieurs actions pour renforcer l’application des mesures entre autres, la convocation des responsables d’établissements à la préfecture de police, la rédaction d’un arrêté préfectoral pour sanctionner les contrevenants et lancement de la phase de répression.
En attendant l’adoption de ces mesures, le préfet Soro Fatogoma a adressé une mise en garde claire aux tenanciers. « On n’a rien contre vos activités. Tout ce que l’État vous demande, c’est de nous aider à faire cesser ces pratiques. Mais si vous ne jouez pas le jeu, on sera obligé quelquefois de suspendre ou de fermer définitivement votre bar », a-t-il averti.
Dans la salle, plusieurs participants ont également exprimé leur frustration face au non-respect persistant de la mesure, malgré les efforts de sensibilisation. Dan Olivier, enseignant, a estimé que la période de sensibilisation devait laisser place à des sanctions. « Franchement, pour moi, la sensibilisation a trop duré. Il faut passer à la répression pour que ces choses cessent », a-t-il déclaré.
Un agent de police a, de son côté, souligné l’efficacité que pourrait avoir une autorisation formelle de sanction. « Aujourd’hui à Man, tout le monde connaît les différents sites où l’on fume la chicha. Si une autorisation nous est donnée, en un rien de temps, il n’y aura plus de chicha dans la ville », a-t-il martelé.
(AIP)
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