Abidjan, 29 avr 2025 (AIP)- Le chargé du plaidoyer et de la prospective à INADES-Formation, Manassé Nshimiyimana, a proposé mardi 29 avril 2025 à Abidjan Cocody, lors de la rencontre des instances régionales et internationales sur les engagements climatiques, la création d’une agence régionale pour coordonner l’action climatique en Afrique subsaharienne.
Cette proposition fait suite à la note publiée dans le cadre du projet d’accompagnement de la mise à l’échelle des expériences développées par les communautés et des dynamiques de suivi citoyen des politiques publiques en réponse au problème du changement climatique en Afrique.
« La création d’une agence régionale pour l’action climatique, permettrait de renforcer la coopération entre les pays, de mutualiser les connaissances, de garantir une action plus efficace et équitable, tout en intégrant les savoirs autochtones, les considérations de genre et les besoins des jeunes », a expliqué M. Nshimiyimana. Il a présenté la note d’orientation et de propositions pour l’action climatique en Afrique subsaharienne.
Le chargé du plaidoyer a également insisté sur l’importance d’élaborer des lois sur le climat aux niveaux régional, national et local, et d’intégrer systématiquement les objectifs climatiques dans les politiques et budgets de développement. Il a plaidé pour une meilleure inclusion des parties prenantes dans l’élaboration et le suivi des politiques, notamment par la création de cadres de concertation et de mécanismes de contrôle citoyen. Une analyse juridique approfondie est également recommandée pour lever les obstacles à la mise en œuvre des politiques climatiques existantes.
Dans le domaine de la transition énergétique, la note appelle à des investissements massifs dans les énergies renouvelables, à la mise en place d’un cadre légal régional pour accompagner cette transition, à la promotion de pratiques agricoles résilientes et à la réhabilitation des écosystèmes dégradés. Elle propose aussi la création d’un mécanisme régional d’assurance contre les risques climatiques, destiné à partager équitablement les coûts liés aux catastrophes entre les différents acteurs des systèmes alimentaires, y compris les consommateurs.
Sur le plan financier, INADES-Formation recommande la création d’un Fonds régional climat alimenté par des contributions publiques, privées et internationales. L’accès aux technologies écologiques doit être élargi grâce à des partenariats entre la recherche et le secteur privé, et des incitations fiscales doivent encourager l’entrepreneuriat vert.
En outre, la note met l’accent sur l’éducation et l’inclusion sociale. Elle propose d’introduire l’enseignement du changement climatique dès le primaire, de développer des programmes régionaux d’éducation informelle, de renforcer la participation des jeunes et des femmes à la gouvernance climatique et de soutenir des campagnes de sensibilisation pour promouvoir des comportements durables.
« Cette note est conçu pour être utile à l’ensemble des partie prenantes, notamment les États et les communautés locales, la société civile et le secteur privé pour la mise en place des politiques de gouvernance climatiques adéquates et des stratégies de mobilisation de financement efficaces afin de renforcer les capacités d’adaptation au niveau de la région Afrique subsaharienne », a-t-il conclu.
Selon la Banque africaine de développement (BAD), le changement climatique pourrait coûter à l’Afrique jusqu’à 50 milliards de dollars par an d’ici 2040 et provoquer une baisse de 30 % du PIB d’ici 2050. Environ 2,8 % des populations des pays en développement pourraient être contraintes à migrer pour fuir ses effets.
Les ressources en eau sont également menacées : les débits des cours d’eau pourraient baisser de 20 à 40 % en Afrique subsaharienne, et la recharge des nappes phréatiques côtières chuter de 12,5 à 25 % d’ici 2050. L’agriculture, pilier de l’économie rurale, n’est pas épargnée car d’ici 2050, les rendements du mil, sorgho, maïs et riz pourraient reculer de 12 à 25 %, et ceux de l’arachide et du niébé jusqu’à 30 % dès 2030 dans certaines zones sahéliennes.
(AIP)
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