Abidjan, 24 juil 2026 (AIP) – Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), António Guterres, a appelé jeudi 23 juillet 2026, à une désescalade immédiate des tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran, estimant que le Moyen-Orient est « au bord d’une catastrophe » dont les conséquences pourraient affecter bien au-delà de la région.
S’exprimant devant le Conseil de sécurité lors d’un débat consacré au règlement pacifique des différends, M. Guterres a averti que « la situation échappe à tout contrôle » et que la région est entraînée dans « un cercle de confrontation toujours plus large ».
« Il est temps de prendre du recul. Les attaques contre les infrastructures civiles sont inacceptables. Il n’existe pas de solution militaire à ce conflit. Les combats doivent cesser partout dans la région », a-t-il déclaré, appelant également au rétablissement de la liberté de navigation dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Le chef de l’ONU a réaffirmé que « la diplomatie est la seule voie à suivre », saluant les efforts de médiation entrepris par le Pakistan et plusieurs pays de la région pour favoriser une désescalade.
La crise perturbe fortement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, où transitent habituellement près de 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), « très peu de navires, voire aucun », ne franchissent actuellement ce passage stratégique depuis la reprise des attaques contre les navires commerciaux à la mi-juillet.
L’OMI estime qu’environ 6 000 marins, répartis sur près de 500 navires, sont actuellement bloqués dans le Golfe persique. Son secrétaire général, Arsenio Dominguez, a rappelé que ces équipages sont des civils assurant le transport de 90% du commerce mondial et a plaidé pour leur évacuation ainsi que pour la sécurisation du détroit afin de permettre une reprise progressive du trafic maritime.
Lors d’un point presse, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a averti que les violences aggravent les risques pesant sur le commerce maritime, les liaisons aériennes, les postes-frontières et les chaînes d’approvisionnement régionales, faisant craindre une détérioration de la situation humanitaire.
Par ailleurs, des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme ont condamné la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, faisant état de frappes contre des infrastructures civiles. Selon les autorités iraniennes, au moins 50 personnes ont été tuées et plus de 500 autres blessées depuis la reprise des combats.
Les experts ont également appelé les autorités iraniennes à suspendre immédiatement les exécutions de dix jeunes hommes condamnés à mort à la suite des manifestations, estimant qu’une accélération des procédures judiciaires suscite de vives inquiétudes.
(AIP)
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