Abidjan, 22 oct 2026 ( AIP) – Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le Conseil d’État entendent renforcer leur collaboration afin de prévenir les contentieux administratifs, notamment ceux liés à la désignation des chefs de village.
Cette volonté commune a été exprimée mercredi 21 octobre 2026, à Abidjan, à l’occasion d’une rencontre entre une délégation du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, conduite par le ministre Vagondo Diomandé, et celle du Conseil d’État, dirigée par son président, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, au cabinet de l’institution.
Sollicitée par le Conseil d’État, cette rencontre vise à établir un cadre de concertation entre les deux institutions afin de favoriser le règlement préalable de certains différends administratifs et de limiter le recours systématique au juge administratif lorsque des solutions peuvent être trouvées en amont.
À l’issue des échanges, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé, a salué une initiative répondant à deux préoccupations majeures : féliciter le président du Conseil d’État pour sa récente nomination et consolider les relations de travail entre les deux institutions.
« Le ministère en charge de l’Administration du territoire est un partenaire clé du Conseil d’État », a souligné le ministre, rappelant le rôle joué par ses services déconcentrés, notamment dans la gestion des dossiers administratifs susceptibles de donner lieu à des contestations.
Pour le ministre, il importe de mettre en place un mécanisme de concertation permettant d’anticiper les difficultés et de résoudre certains différends avant qu’ils ne soient portés devant la juridiction administrative.
« Nos échanges d’aujourd’hui ont été très riches et il en est sorti que nous allons mettre en place un cadre de collaboration qui va définir les contours de cette collaboration qui va être bénéfique à chacun d’entre nous », a-t-il indiqué.
Le président du Conseil d’État, Ibrahime Kuibiert Coulibaly a, pour sa part, mis l’accent sur la nécessité de prévenir les contentieux liés notamment à la désignation des chefs de village, un domaine qui relève des attributions du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Il a expliqué que la désignation d’un chef de village, à l’issue d’une consultation organisée selon les procédures et les coutumes locales, donne lieu à un arrêté. Cet acte administratif peut toutefois faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’État lorsqu’il est contesté par une partie.
Face à ces situations, le président de l’institution judiciaire a préconisé le renforcement du dialogue entre les deux structures afin de privilégier, chaque fois que cela est possible, le règlement administratif préalable des différends.
Ce mécanisme permet à l’administration de réexaminer une décision et, le cas échéant, de la corriger lorsqu’elle est contraire aux dispositions légales, avant que le litige ne soit soumis au juge.
« Il est préférable que nous nous asseyions pour éviter que certains débats ne soient portés devant le Conseil d’État quand on peut les résoudre en amont à travers le recours administratif préalable », a expliqué Ibrahime Kuibiert Coulibaly.
Il a précisé que cette démarche ne vise pas à se substituer au juge administratif, mais à favoriser le traitement approprié des différends, dans le respect de la légalité et au bénéfice des populations.
Pour justifier l’importance de cette initiative, le président du Conseil d’État a évoqué le volume des affaires soumises à son institution.
Selon lui, près de 5 000 dossiers sont reçus par le Conseil d’État, parmi lesquels figurent des litiges portant sur la désignation des chefs de village.
« Cela fait bientôt six mois que je suis à la tête de l’institution. Sur les cinq mille dossiers que nous recevons, même si tous ne se résument pas à la contestation des chefs de village, il y a quand même une bonne partie des dossiers qui concernent cette matière », a-t-il déclaré.
La mise en place d’un cadre formalisé de collaboration devrait ainsi permettre aux deux institutions de définir les modalités de leur coopération, d’identifier les difficultés récurrentes et de rechercher des solutions adaptées avant l’ouverture éventuelle d’une procédure contentieuse.
Le président du Conseil d’État a également annoncé la poursuite des échanges dans les prochains jours, en vue de préciser les règles et le contenu de cette collaboration.
À travers cette initiative, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le Conseil d’État entendent consolider leurs relations institutionnelles, améliorer la prévention des litiges administratifs et contribuer à une meilleure prise en charge des préoccupations des populations.
( AIP)
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