Abidjan, 11 juil 2026 (AIP) – Sous les cacaoyers de Bringakro, à sept kilomètres de Djékanou, les démonstrations de taille alternent avec les témoignages de femmes entrepreneures et les explications de chercheurs. Ici, le cacao n’est plus seulement une culture de rente : il devient le point de départ d’une approche qui associe amélioration des pratiques agricoles, autonomisation des ménages, éducation des enfants et protection de l’environnement.
Il est 11 h, le 26 juin 2026, lorsque la délégation composée de responsables de Nestlé venus de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Cameroun, du Nigeria et du Sénégal, ainsi que de journalistes de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, est accueillie dans la plantation de Dosso Vafoungbé, membre de la Société coopérative du dialogue de Djékanou (SOCODD) et point focal du Programme d’accélération des revenus des ménages (Income Accelerator).
Face aux visiteurs, Nathan Bello, responsable du Nestlé Cocoa Plan pour l’Afrique de l’Ouest, retrace la genèse de cette initiative créée en 2009. Selon lui, le programme est né pour répondre à plusieurs défis qui fragilisaient la filière : baisse de la qualité des fèves, maladies affectant les plantations, vieillissement des vergers, mais aussi pauvreté des producteurs et risques liés au travail des enfants.
« Une entreprise qui vit du chocolat doit regarder ce qui se passe en amont. Nous avons appris de nos expériences et développé progressivement des initiatives qui permettent aujourd’hui d’améliorer les revenus des producteurs tout en assurant la durabilité de notre approvisionnement », explique-t-il.
Au fil des années, le programme s’est structuré autour de quatre piliers complémentaires
Le premier concerne les bonnes pratiques agricoles. Les producteurs sont formés aux techniques culturales, à la gestion des exploitations ainsi qu’aux pratiques sociales et environnementales. Le dispositif repose également sur une incitation financière versée directement au ménage. Particularité du programme : l’aide est répartie à parts égales entre le producteur et son épouse afin de renforcer la participation économique des femmes.
L’un des leviers majeurs reste la taille des cacaoyers, présentée aux visiteurs dans la plantation. Cette pratique consiste à éliminer certaines branches afin d’améliorer l’ensoleillement et l’aération des parcelles. Selon Nathan Bello, elle peut permettre de doubler, voire tripler les rendements lorsqu’elle est correctement appliquée.
« Nous avons voulu accélérer l’adoption de cette pratique. Grâce à une incitation financière et à l’accompagnement technique, notre objectif est que 95 % des 45 000 producteurs concernés adoptent cette technique », souligne-t-il.
Le deuxième pilier est consacré à l’agroforesterie. Au-delà de la distribution de plants forestiers, le programme finance notamment des brigades chargées de réaliser les travaux de taille dans les plantations, afin d’aider les producteurs à mettre en œuvre ces pratiques favorables à la biodiversité et à la résilience des exploitations face au changement climatique.
Le troisième pilier porte sur la diversification des revenus. Constatant que la dépendance exclusive au cacao fragilise les ménages, le programme accompagne particulièrement les femmes à travers la création d’Associations de valorisation de l’entraide communautaire (AVEC).

À Bringakro, sept groupes fonctionnent déjà
Membre du premier groupe créé dans le village, Aka N’Guessan Adeline raconte comment l’AVEC a changé son quotidien.
« J’ai obtenu un prêt de 50 000 francs CFA pour faire du commerce et aider mon mari à scolariser les enfants. J’ai remboursé mon prêt avec les intérêts et aujourd’hui je peux mieux prendre soin de moi », confie-t-elle.
Même satisfaction chez Andokoi Céline, qui explique avoir progressivement développé ses activités grâce aux crédits obtenus.
« Avant, il était difficile d’avoir un prêt. Aujourd’hui, après plusieurs remboursements, je suis devenue autonome. Je ne tends plus la main à quelqu’un », dit-elle avec fierté.
Au-delà de l’accès au financement, ces groupes bénéficient également de formations en alphabétisation, en gestion d’activités génératrices de revenus ou encore sur l’utilisation du gaz domestique.
Le quatrième pilier est consacré à l’éducation, considérée comme un levier essentiel pour lutter durablement contre le travail des enfants.
À Bringakro, cette approche se traduit par un appui aux établissements scolaires, la fourniture de matériel didactique, le renforcement des cantines, la formation des Comités de gestion des écoles (COGES) et la construction ou la réhabilitation d’infrastructures.
Le directeur de l’École primaire publique de Bringakro 1, Amani Kouamé Georges, confirme l’impact de cet accompagnement.
« À la maternelle comme au primaire, nous avons reçu du matériel pédagogique. Avec l’appui de l’International Cocoa Initiative et de « Ma Boîte à Lire », nous disposons désormais d’une bibliothèque. Les candidats à l’entrée en sixième reçoivent également des repas et des kits d’examen », explique-t-il.
Selon lui, les résultats sont visibles : cette année, l’école 1 a enregistré 100 % de réussite à l’entrée en sixième, tandis que l’école 2 a atteint 95 %.
Nathan Bello précise que la construction des écoles est réalisée en concertation avec le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, en privilégiant les localités où les risques de travail des enfants sont les plus élevés.
Lancé en janvier 2022, le Programme d’accélération des revenus des ménages est aujourd’hui déployé auprès de 45 000 familles cacaoyères en Côte d’Ivoire et au Ghana. En associant amélioration des pratiques agricoles, égalité de genre, agroforesterie, diversification économique et éducation, le Nestlé Cocoa Plan entend démontrer que la durabilité de la filière cacao passe avant tout par l’amélioration durable des conditions de vie des producteurs et de leurs familles.
(AIP)
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