Aboisso, 19 juil 2026 (AIP)-Le préfet de région, préfet du département d’Aboisso, Ibrahima Cissé, a effectué du vendredi 17 au samedi 18 juillet 2026, une visite d’immersion dans la sous-préfecture d’Adjouan, au cœur du canton Agni Lagune.
Accueilli par le sous-préfet Neh Bodjéna Anicet, le préfet Ibrahima Ciss, a effectué une visite de travail de deux jours dans cette circonscription administrative. Une mission qu’il a lui-même qualifiée de « visite d’immersion », traduisant sa volonté d’aller au contact des populations pour mieux comprendre leurs réalités, découvrir leurs richesses culturelles et touristiques et recueillir leurs préoccupations.
Conduit par son hôte, le représentant du chef de l’État a entamé son périple par une visite au chef du canton Agni Lagune et chef du village d’Adjouan, Nanan Adjiri Kpangni II. Les échanges avec le garant de la tradition ont été suivis de visites de courtoisie aux responsables des communautés catholique et musulmane ainsi qu’à plusieurs cadres de la localité. Une manière, pour le préfet, de prendre le pouls de cette sous-préfecture créée en 2008 et réputée pour la qualité du vivre-ensemble entre ses différentes communautés.
L’immersion s’est poursuivie dans le village historique d’Aby, haut lieu du patrimoine ivoirien. Guidé par les autorités locales, le préfet de la région du Sud-Comoé a découvert la première église catholique de Côte d’Ivoire ainsi que la célèbre pirogue de guerre, impressionnante embarcation capable de transporter jusqu’à 120 personnes. Ces vestiges, témoins de l’histoire du royaume Sanwi, lui ont permis de mesurer toute la richesse historique et le potentiel touristique dont regorge le canton Agni Lagune.
Mais cette immersion n’aurait pas été complète sans une plongée dans les traditions du peuple Agni Sanwi. Dans le respect des rites coutumiers, Ibrahima Cissé a été élevé au rang de chef de canton. Il a reçu le nom de règne de Nanan Koutoua Amon, une distinction qui symbolise les liens de confiance tissés entre l’autorité administrative et les gardiens de la tradition.
Le temps fort de cette visite est intervenu lors du meeting populaire organisé à Adjouan. Devant les autorités administratives, les chefs traditionnels, les guides religieux, les élus, les cadres et une population fortement mobilisée, le préfet de région a livré un message axé sur la cohésion sociale, le civisme et le développement.
Insistant sur les conditions indispensables au progrès, Ibrahima Cissé a exhorté les populations à préserver l’entente, le vivre-ensemble et à respecter les lois de la République. Il a regretté que certains villages refusent encore de payer les factures d’eau et d’électricité, rappelant que le développement repose également sur le respect des obligations citoyennes.
Le représentant du Gouvernement a, en revanche, salué le canton Agni Lagune pour son engagement contre l’orpaillage clandestin. Il a félicité les populations pour la non-pratique de cette activité illicite qui détruit les terres agricoles, pollue les cours d’eau et compromet le développement durable.

S’adressant ensuite aux chefs traditionnels, le préfet de région les a invités à poursuivre leurs efforts en faveur de l’entente entre les cadres de la région. Pour lui, les divisions constituent un frein au développement alors que le Sud-Comoé dispose d’immenses potentialités agricoles, halieutiques, culturelles et touristiques qui méritent d’être pleinement valorisées.
Au nom des populations, le cadre Kassi Kadjo a salué cette visite de proximité qui, selon lui, témoigne de la volonté de l’administration de rester à l’écoute de ses administrés. Il a rappelé qu’Adjouan, forte de ses 28 663 habitants répartis dans douze villages, est une terre de paix, de culture et de travail, dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture, la pêche lagunaire et un entrepreneuriat féminin en plein essor.
Profitant de cette tribune, les populations ont soumis plusieurs doléances au préfet de région. Elles sollicitent le bitumage de l’axe Éboué–Étuéboué ainsi que celui reliant le carrefour Akakro au village, estimant que ces infrastructures sont essentielles au désenclavement de la localité. Elles plaident également pour des actions en faveur de l’emploi des jeunes et un accompagnement plus soutenu du développement agricole afin de mieux valoriser les nombreuses potentialités de la sous-préfecture. Les habitants espèrent que ces préoccupations retiendront l’attention de l’État et du Conseil régional.
Au terme de cette visite, le préfet a dit repartir avec une meilleure connaissance des réalités d’Adjouan. Il s’est dit émerveillé par la richesse culturelle, économique et touristique de la localité. Pour les populations, cette immersion va bien au-delà d’une simple visite administrative. Elles y voient un signal fort de proximité de l’État et nourrissent l’espoir que ces deux jours de visite contribueront à accélérer le développement de cette partie du Sud-Comoé, dont le patrimoine historique, culturel et touristique constitue un atout majeur pour la région.
(AIP)
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