Abidjan, 15 août 2025 (AIP) – Le procureur de la République, Braman Oumar Koné, a exhorté, jeudi 14 août 2025, les journalistes à mesurer l’impact de leurs publications en période électorale et à veiller à ne pas compromettre leur crédibilité.
M. Koné s’exprimait à l’occasion de la 39e session de l’ANP Academy, tenue à la Maison de la presse d’Abidjan- Plateau, sur le thème : « Information et communication en période électorale : comment éviter les risques liés aux infractions aux textes juridiques ».
Il a recommandé aux professionnels des médias de garder à portée la Constitution ivoirienne, en particulier son article 19, ainsi que la loi sur la presse et celle relative à la cybercriminalité. Il a rappelé que la carte de journaliste n’offre aucune immunité contre des poursuites judiciaires et que, conformément à l’article 103 de la loi sur la presse, le directeur de publication peut être tenu responsable des commentaires publiés sur ses plateformes.
« Ne pensez pas que la carte de presse vous confère une immunité totale. Nous vous invitons, journalistes, à nous accompagner durant cette campagne préélectorale afin de ne pas envenimer la situation. Vous devez faire preuve de retenue et rester dans le cadre professionnel, même si vous êtes militants d’un parti politique », a expliqué le procureur.
Braman Oumar Koné a également mis en garde contre la diffusion, sur tout support, de propos diffamatoires, racistes, ethniques ou religieux, et encouragé les journalistes à consulter un juriste ou le parquet en cas de doute avant toute publication.
« La casquette de journaliste ne peut tout justifier. Chacun peut être poursuivi pour diffamation. Le pardon est un repentir tardif qui ne protège pas des sanctions », a-t-il averti, soulignant que chaque mot compte et peut avoir de graves conséquences sur la cohésion sociale.
Selon les textes en vigueur, la diffamation est passible d’amendes allant de un à trois millions de FCFA, et jusqu’à cinq millions de FCFA lorsqu’elle présente un caractère raciste, ethnique ou religieux. Les infractions graves relevant de la cybercriminalité ou portant atteinte à la sécurité nationale peuvent, quant à elles, entraîner des peines d’emprisonnement.
Pour sa part, le président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Samba Koné, a insisté sur l’importance, pour les journalistes, de respecter scrupuleusement les lois, le code de déontologie, et d’éviter toute déclaration ou contenu susceptible de diviser, d’inciter à la haine ou de troubler l’ordre public.
« Ce métier demande beaucoup de rigueur. Nous voulons des journalistes responsables », a affirmé M. Koné, rappelant que les périodes électorales, souvent marquées par des tensions et des émotions collectives, requièrent vigilance, responsabilité sociale et prudence juridique.
L’ANP veille au respect de la liberté de la presse, garantit le pluralisme, et contrôle le respect de l’éthique et de la déontologie. Elle exerce également un pouvoir disciplinaire sur les acteurs du secteur. En parallèle, l’ANP met en œuvre des actions pour renforcer les capacités des professionnels, notamment à travers des formations comme « ANP Academy » et des master classes.
(AIP)
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