Abidjan, 4 juin 2026 (AIP)- Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Zoro Bi Ballo, a annoncé, jeudi 4 juin 2026, à Abidjan, qu’un projet de texte visant à encadrer et à protéger les lanceurs d’alerte est en cours d’élaboration afin de renforcer la lutte contre la corruption et les pratiques contraires à la bonne gouvernance.
S’exprimant lors du deuxième numéro des « Grands rendez-vous de l’AIP » consacré au thème « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs en Côte d’Ivoire ? », M. Zoro Bi Ballo a indiqué que ce processus est conduit en concertation avec les ministères concernés, les structures publiques, les organisations de la société civile ainsi que les acteurs du secteur privé.
Selon lui, l’un des principaux défis dans la lutte contre la corruption demeure la protection des personnes qui signalent des faits répréhensibles. « Les mécanismes de signalement et de dénonciation existent, mais les personnes qui souhaitent alerter s’interrogent souvent sur les garanties dont elles bénéficieront face à d’éventuelles représailles », a-t-il expliqué.
Le président de la HABG a souligné que la future législation vise également à clarifier la distinction entre l’alerte citoyenne et la délation, une question qui suscite parfois des réticences au sein de l’opinion publique.
« Créer un cadre juridique pour la gestion des alertes et la protection des lanceurs d’alerte permettra de définir clairement ce qui relève d’une alerte et ce qui n’en relève pas, afin d’éviter toute confusion avec la délation », a-t-il précisé.
Le texte en préparation devrait ainsi établir un régime juridique spécifique applicable aux lanceurs d’alerte, notamment en définissant les conditions de recevabilité des signalements et les canaux appropriés de transmission des informations.
Zoro Bi Ballo a insisté sur le fait que la qualité de lanceur d’alerte ne saurait être reconnue à toute personne diffusant des informations de manière informelle, notamment sur les réseaux sociaux. Selon lui, l’alerte doit emprunter des procédures et des circuits prévus à cet effet pour ouvrir droit aux mécanismes de protection envisagés.
Il a par ailleurs annoncé l’organisation prochaine d’un séminaire consacré à l’examen du projet de texte, dans la perspective de son adoption et de sa mise en œuvre au service du renforcement de la transparence et de la bonne gouvernance en Côte d’Ivoire.
(AIP)
sn/zaar

