Arrah, 06 juil 2026 (AIP) – Les populations d’Assalé-Kouassikro, un village de la sous-préfecture de Krégbé (département d’Arrah), ont réaffirmé leur opposition à un projet de concession d’environ 100 hectares de forêt destiné à une exploitation aurifère semi-industrielle, à l’occasion d’une rencontre communautaire tenue dimanche 5 juillet 2026 au centre culturel du village.
Cette mobilisation intervient en réaction à l’ouverture de quatre enquêtes commodo et incommodo par la sous-préfecture de Krégbé dans le cadre de la procédure d’instruction du projet.
Intervenant au nom du Rassemblement des jeunes de Kouassikro (RAJEKO), le secrétaire général de l’organisation, Kouandé Kouamé Jules, a évoqué les conséquences environnementales, économiques et sociales que pourrait engendrer une telle activité. Il a notamment fait état de la dégradation de la qualité de l’eau du barrage du village, qu’il attribue aux activités d’orpaillage menées en amont, dans le département de Daoukro.
Selon lui, cette situation a entraîné l’arrêt des activités de pêche, du maraîchage ainsi que des pépinières destinées aux cultures de rente, notamment l’hévéa, le cacao et le café, privant de nombreux jeunes de leurs sources de revenus.
Le représentant des jeunes a également exprimé des inquiétudes quant aux impacts sociaux susceptibles d’accompagner l’installation d’une exploitation aurifère, citant notamment la déscolarisation, la prostitution, la criminalité et les risques de compromettre la mise en œuvre du Projet de pôle agro-industriel (2PAI) du ministère de l’Agriculture.
Ancien président de la jeunesse du village, Affian Franco a abondé dans le même sens. Il a indiqué que les activités d’orpaillage exercées en amont provoquent déjà des inondations des voies d’accès à Assalé-Kouassikro pendant la saison des pluies, isolant temporairement la localité.
Il a invité les populations à ne pas céder aux promesses de gains financiers des promoteurs miniers et à privilégier les activités agricoles afin de préserver les terres cultivables et de limiter la hausse du coût de la vie.
Au nom des femmes, Tano Affoua a réaffirmé le rejet du projet par celles-ci. Elle a dénoncé les premiers effets de l’orpaillage observés dans les localités voisines, notamment la cherté de la vie et les risques de déscolarisation des jeunes, tout en exhortant les propriétaires terriens à préserver le patrimoine foncier pour les générations futures.
Représentant les élèves et étudiants, Senin Koffi Fulgence a également rejeté le projet, estimant que les effets négatifs de l’orpaillage sont déjà perceptibles dans le village, bien que cette activité n’y soit pas directement exercée. Il a appelé les jeunes à renforcer leur solidarité et leur cohésion pour préserver leur héritage foncier.
Situé sur l’axe Krégbé-Daoukro, le village d’Assalé-Kouassikro compte plus de 9 000 habitants, selon le Recensement général de la population et de l’habitat de 2014.
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