Sinfra, 22 oct 2026 (AIP)- La direction régionale des Mines et de l’Énergie de la Marahoué a sensibilisé, mardi 20 octobre 2026, les populations aux causes et aux conséquences de l’orpaillage illégal, lors d’une rencontre organisée à la salle des fêtes de la mairie de Sinfra.
« L’orpaillage illégal est un fléau qui est en train de détruire notre pays à petit feu », a déclaré le directeur régional des Mines et de l’Énergie, Sanogo Souleymane, au cours d’une communication illustrée par des images saisissantes, parfois choquantes, montrant l’ampleur de la dégradation des sites touchés par cette activité dans la région.
Selon lui, les causes de ce phénomène sont d’ordre naturel, économique et socioculturel. Il a notamment évoqué la richesse du sous-sol ivoirien en or, qui représenterait 35 % du potentiel aurifère de la sous-région, la valeur symbolique de l’or dans certaines sociétés traditionnelles, le vieillissement des vergers et la baisse des revenus agricoles.
M. Sanogo a également relevé plusieurs facteurs ayant contribué à l’expansion et à l’aggravation de l’orpaillage clandestin, notamment les crises sociopolitiques successives des années 2000, la forte hausse du prix du gramme d’or, le manque d’information des populations concernées et l’existence de réseaux de complicité impliquant des financiers, des acheteurs, des trafiquants de mercure et de drogue, des prestataires de services, des propriétaires terriens, des chefs de village et des fonctionnaires.
Les leaders d’opinion, les directeurs et chefs de service ainsi que les chefs de communauté présents ont été instruits sur les conséquences de cette activité à court, moyen et long termes. Celles-ci comprennent notamment la dégradation profonde des sols, la destruction des cultures et la pollution des cours d’eau par le mercure et d’autres substances chimiques toxiques, susceptibles d’exposer les populations à de graves risques sanitaires, dont certains cancers.
Le directeur régional a également mis en garde contre les conséquences sociales et sécuritaires de l’orpaillage illégal, notamment la surpopulation dans les zones concernées, l’insécurité, la recrudescence de la consommation de drogue et de la prostitution, ainsi que les risques liés au financement de réseaux de blanchiment d’argent et de terrorisme.
Prenant la parole, le préfet du département de Sinfra, Kouamé Bouaki a exhorté les populations à s’impliquer activement dans la lutte contre ce phénomène. Il a indiqué que le gouvernement entend désormais appliquer une politique de tolérance zéro et faire preuve d’une extrême fermeté à l’égard des auteurs d’orpaillage clandestin et de leurs complices, qu’ils soient actifs ou passifs.
Selon les données communiquées lors de cette rencontre, 29 des 31 régions que compte la Côte d’Ivoire seraient touchées par l’orpaillage illégal. Cette activité entraînerait l’extraction clandestine de plus de 140 tonnes d’or par an, occasionnant un manque à gagner de plus de 744 milliards de FCFA en recettes fiscales pour l’État.
(AIP)
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