Madinani, 2 nov 2026 (AIP) – L’insuffisance des équipements médicaux et l’éloignement des centres spécialisés compliquent la prise en charge des femmes atteintes du cancer du col de l’utérus dans le département de Madinani, où certaines patientes doivent être évacuées vers Abidjan pour bénéficier de soins appropriés.
À l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Madinani, le dépistage du cancer du col de l’utérus est possible, mais les équipements nécessaires à certaines interventions thérapeutiques, notamment la thermocoagulation et la cryothérapie, font défaut, a expliqué le gynécologue de l’établissement, Dr Assamoi Ado Justin.
Dans un entretien accordé à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), jeudi 29 octobre 2026, à l’occasion de la campagne Octobre Rose, le praticien a indiqué que les patientes nécessitant des soins spécialisés sont orientées vers des structures mieux équipées, notamment le Centre hospitalier régional (CHR) de Korhogo.
Cette insuffisance du plateau technique a également été relevée lors d’une campagne de dépistage gratuit organisée à l’initiative du député-maire de Madinani, Ladji Konaté. L’opération avait permis de dépister 1 000 femmes et de détecter trois cas fortement suspects de cancer du col de l’utérus.
Faute de capacités techniques et chirurgicales spécialisées à Madinani, les trois patientes concernées avaient été évacuées vers des centres spécialisés de Treichville, à Abidjan, situés à plus de 700 kilomètres de leur localité.
Pour Dr Assamoi Ado Justin, le renforcement des équipements sanitaires de proximité constitue un enjeu important pour améliorer la prise en charge des patientes et limiter les déplacements vers les grandes villes.
Il affirme avoir déjà adressé des demandes au Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa) afin que le district sanitaire puisse bénéficier des équipements nécessaires aux interventions sur les lésions précancéreuses.
Au-delà des contraintes techniques, le gynécologue souligne les difficultés financières rencontrées par certaines femmes. Il indique avoir transmis plusieurs dossiers de patientes indigentes au PNLCa, permettant à certaines bénéficiaires d’obtenir une orientation et une prise en charge gratuites.
Des campagnes de dépistage organisées avec l’appui de partenaires financiers permettent également de réduire, voire de supprimer, les frais à la charge des patientes. En dehors de ces opérations, le dépistage par recherche moléculaire du papillomavirus humain (HPV) coûte 3 000 FCFA à l’EPHD de Madinani, contre 25 000 FCFA pour le frottis cervico-vaginal.
Le directeur du district sanitaire de Madinani, Louo Privat Guéma, a confirmé la disponibilité des consultations gynécologiques et du dépistage initial à l’EPHD, invitant les femmes à fréquenter davantage ce service.
Pour le gynécologue, l’amélioration de l’accès aux soins passe aussi par une sensibilisation accrue des populations au dépistage précoce. Il rappelle que le cancer du col de l’utérus peut évoluer pendant plusieurs années sans symptômes apparents et que sa détection précoce augmente les possibilités de prise en charge.
(AIP)
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