Niakara, 28 juil 2026 (AIP) – Des gardiens des us et coutumes du département de Niakara ont exprimé leur inquiétude face au recul des valeurs culturelles traditionnelles et appelé les jeunes générations à renouer avec leurs racines, estimant que l’inculture constitue une menace pour l’identité et la cohésion sociale.
Au cours d’entretiens accordés à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), dimanche 26 et lundi 27 juillet 2026, ces acteurs de la préservation du patrimoine ont dénoncé la méconnaissance croissante de l’histoire locale, des langues maternelles, des traditions et des valeurs ancestrales.
Le tradipraticien Makan Koné a relevé un désintérêt grandissant des jeunes pour les pratiques culturelles héritées de leurs ancêtres, sous l’influence de modèles extérieurs.
Membre de la confrérie initiatique des porteuses de crâne, appelée « Hôyougouh » ou « Hôyouhou », Amiha Koné a estimé que le rejet de sa culture ou de sa langue maternelle fragilise les fondements de la cohésion sociale. Selon elle, assumer son identité culturelle demeure un facteur de stabilité et de vivre-ensemble.
Même préoccupation chez un responsable de la confrérie des chasseurs traditionnels « Dozo » de Loho, dans la sous-préfecture d’Arikokaha, pour qui les langues, les rites, les danses et les savoirs traditionnels constituent un héritage à transmettre aux générations futures.
De son côté, Coulibaly Awa a regretté le fait que certains jeunes hésitent à parler leur langue maternelle ou à porter des tenues traditionnelles lors des cérémonies publiques. Elle a rappelé que l’ouverture à la modernité ne doit pas conduire à renier son identité culturelle.
L’enseignant et promoteur de la culture locale, Koné Napotanh, a invité les familles, les leaders communautaires et les promotions d’âge à intensifier les actions de sensibilisation en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel. Il a insisté sur la nécessité d’enseigner aux enfants leur histoire, leurs langues et leurs traditions afin de leur permettre de s’ouvrir au monde sans perdre leurs repères.
Les différents intervenants ont appelé les parents, les éducateurs, les autorités administratives et coutumières ainsi que les promoteurs de festivals à renforcer la transmission des savoirs traditionnels, notamment à travers l’apprentissage des langues locales, la valorisation des contes, des danses, des proverbes et des cérémonies coutumières, qu’ils considèrent comme des piliers de l’identité culturelle et du développement harmonieux des communautés.
(AIP)
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